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Germanier, Schiaparelli, Dior… Ces 5 défilés haute couture qui ont marqué la Fashion-week parisienne

Nina Boutleroff

Publié le 01 février 2026 à 12:00

Défilé haute couture femme de Chanel, lors de la Fashion-week parisienne, le 27 janvier 2026.

Défilé haute couture femme de Chanel, lors de la Fashion-week parisienne, le 27 janvier 2026.

CHANEL

La Tribune Dimanche

N142 ● 21 juin 2026

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Entre l’onirisme de Jonathan Anderson chez Dior et la délicatesse de Matthieu Blazy chez Chanel, ou encore le regard décalé d’Alessandro Michele pour Valentino, la semaine de la couture parisienne vient de s’achever, et c’était brillant.

Et si la semaine de la couture avait retrouvé le devant de la scène et le halo qu’elle mérite ? Parfois éclipsée par le succès des défilés prêt-à-porter, cette spécificité parisienne qui a lieu deux fois par an, en janvier et juillet, a assuré le spectacle pour les collections printemps-été 2026. Des colombes et Adriana Karembeu au défilé Stéphane Rolland, un shooting photo mis en scène chez Ronald van der Kamp ou encore une ambiance spectaculaire au Lido lors du show Robert Wun, les maisons redoublent d’inventivité pour faire des défilés une véritable performance.

Régies par une réglementation mise en place en 1945, les maisons dites de « haute couture » forment un cercle assez fermé. Parmi les conditions : disposer d’un atelier « tailleur » et d’un atelier « flou » pour les robes ; les vêtements doivent être fabriqués sur mesure et à la main ; présenter deux collections par an comportant un minimum de 25 pièces. Plumes, broderies, perles, orfèvrerie, le tout montré dans des décors sensationnels : retour sur cinq temps forts qui ont marqué cette saison. 

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Fashion Week : le grand mercato de la mode

Dior : le coup de maître de Jonathan Anderson

Baptême du feu réussi pour le couturier irlandais, qui signe ici sa toute première collection de haute couture. Le créateur a rouvert les portes du fameux jardin fleuri de M. Christian Dior pour un résultat luxuriant. Côté décors, le parterre de fleurs est au plafond, les ornements botaniques prennent vie sur les oreilles et les épaules des mannequins ainsi que sur les accessoires, comme ce sac à franges vertes porté sous le bras comme une botte d’herbe qui fleure bon l’humour et le regard décalé propre au travail de Jonathan Anderson, maître incontesté des accessoires trompe-l’œil. Ses homologues Jean Paul Gaultier, Pharrell Williams, Pierpaolo Piccioli et surtout John Galliano, qui fut à la tête de la création de Dior pendant quinze ans, sont venus l’applaudir, signe ultime d’adoubement.

Chanel : la légèreté poétique de Matthieu Blazy

Jonathan Anderson signe son premier défilé haute couture femme pour Dior, lors de la Fashion-week parisienne, le 26 janvier 2026.
Jonathan Anderson signe son premier défilé haute couture femme pour Dior, lors de la Fashion-week parisienne, le 26 janvier 2026. (Crédits : ADRIEN DIRAND)

Après avoir exploité le métro new-yorkais pour présenter sa première collection Métiers d’art en décembre, Chanel réinvestit la nef du Grand Palais chère à Karl Lagerfeld. Avec ses champignons géants, ses lianes et sa moquette rose et duveteuse, le décor est un trip hallucinogène évoquant l’univers d’Alice aux pays des merveilles. La collection, dont le défilé prend des chants d’oiseaux pour fond sonore, est tout aussi planante. Transparence et mousseline, tailleur réinterprété comme une seconde peau qui flotte au-dessus de la première couche : la faune Chanel est libre et transportée par les broderies organiques. Le point d’orgue en est sûrement ce sac en mousseline rouge dont chaque modèle recèle un poème brodé et personnalisé. Matthieu Blazy a définitivement les mots.

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La « fashion week » de la social-démocratie

Schiaparelli : standing ovation pour les créatures de Daniel Roseberry

Certaines silhouettes semblent porter une queue de scorpion ; d’autres, des cornes au bout de la poitrine. On y trouve aussi des oiseaux, dont le plumage multicolore évoque une faune exotique voire chimérique. Pour cette collection intitulée « L’agonie et l’extase », Daniel Roseberry, à la tête de la maison depuis 2019, a puisé dans son imagination d’enfant, dans les décors des palais pontificaux et même dans les faits divers, puisqu’on y retrouve les fameux bijoux volés du Louvre – des répliques des joyaux de la Couronne ou du diadème de l’impératrice Eugénie. La dernière silhouette semble prête à s’envoler pour rejoindre une garden-party organisée dans les cieux. Le public ovationne le créateur, aussi connu pour maîtriser l’art des front rows, entouré d’un casting cinq étoiles : Teyana Taylor, Sophie Marceau ou encore Demi Moore.

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Valentino : l’œil aiguisé d’Alessandro Michele

Mercredi 28 janvier 2026, le monde de la mode s'est réuni pour le défilé haute couture Valentino, le premier depuis la disparition de Valentino Garavani le 19 janvier.
Mercredi 28 janvier 2026, le monde de la mode s'est réuni pour le défilé haute couture Valentino, le premier depuis la disparition de Valentino Garavani le 19 janvier. (Crédits : VALENTINO)

Tout a commencé par un hommage au fondateur Valentino Garavani, disparu quelques jours auparavant. Un prélude touchant introduisant une note d’intention digne d’une thèse de philo comme Alessandro Michele en a le secret. Pour présenter sa collection « Specula Mundi » (les miroirs du monde), le créateur italien développe le concept de sa mise en scène : le Kaiserpanorama. Ce dispositif désuet qui s’apparente à un peep-show est composé de cylindres autour desquels les spectateurs ont observé les créations couture de la maison Valentino. Une façon d’interroger notre capacité d’attention bousculée, sursollicitée par les nouvelles technologies. Alessandro Michele fait le spectacle avec des créations dignes des plus grands costumes de la commedia dell’arte.

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Dernier défilé de la semaine, Germanier a présenté une collection placée sous le signe du « drama ». Comptant à son casting Lisa Rinna – l’une des plus célèbres « real housewives » de Beverly Hills –, la collection « Les Chardonneuses », élaborée à partir de vêtements invendus du groupe LVMH et des tenues de cérémonie des athlètes français aux Jeux olympiques, a brillé par son écoresponsabilité et son inventivité. Kevin Germanier, qu’on pourrait surnommer le « jeune homme à la perle », en a fait l’un de ses matériaux de prédilection avec les paillettes recyclées, et parie sur le masque comme accessoire du futur. Les siens sont délicatement brodés et permettent aussi d’échapper à la surveillance numérique.

Nina Boutleroff

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