Monica Sabolo, romancière : « On ne peut pas imaginer le drame à Crans-Montana »

Propos recueillis par Pauline Delassus
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Monica Sabolo, le 23 septembre 2022.
LTD/JOEL SAGET/AFP

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Monica Sabolo, le 23 septembre 2022.
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L’écrivaine et journaliste Monica Sabolo a publié il y a dix ans un roman intitulé Crans-Montana (JCLattès), qui dépeignait la jeunesse dorée fréquentant la station suisse. Habituée des lieux depuis l’enfance, la romancière de 54 ans, lauréate du prix de Flore en 2013, est sous le choc depuis l’incendie tragique du bar Le Constellation dans la nuit du 1er janvier dans lequel au moins 40 personnes ont perdu la vie.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Comment décririez-vous Crans-Montana ?
MONICA SABOLO — C’est une station familiale, où règne une certaine douceur. Tout le monde se connaît là-bas. On fait tout à pied. Il y a beaucoup de jeunes, qui viennent skier. Depuis les années 1960, c’est un rendez-vous de la bourgeoisie suisse, italienne et parisienne. Mon livre raconte cette jeunesse dorée, ces enfants de familles huppées, parfois abandonnés à eux-mêmes.
Connaissez-vous le bar Le Constellation où a eu lieu l’incendie ?
Oui, c’est une institution de Crans qui existe depuis cinquante ans au moins, situé en bas des pistes. C’est là où j’allais boire un Ovomaltine après le ski. Le bar de nuit s’est développé plus récemment. A mon époque, c’était un endroit était fait de bric et de broc, hyper simple, ni glamour, ni moderne.
Comment avez-vous réagi en apprenant le nombre important de victimes de l’incendie ?
Ça m’a secoué. Les victimes sont si jeunes... Je pense aux parents, à ceux qui attendent les identifications. C’est insoutenable. D’autant plus que c’est un village qui nous semblait sûr, sécurisé. On ne peut pas imaginer le drame à Crans-Montana.
Propos recueillis par Pauline Delassus