Geert Wilders, membre de la Seconde chambre des États-Généraux des Pays-Bas et dirigeant du parti d'extrême droite Parti pour la liberté qu'il a fondé en 2006.
LTD/Utrecht Robin/ABACA via Reuters
Aux Pays-Bas, l'extrême droite au cœur d'un scénario parlementaire à la française
Les Néerlandais élisent mercredi 29 octobre leurs députés. Si l’extrême droite est favorite, elle ne semble pas en mesure de dominer une Chambre basse qui s’annonce très fragmentée.
Au cours de la soirée du mercredi 29 octobre, à l’issue des élections législatives qui se seront déroulées dans la journée, les Pays-Bas devraient rejoindre la cohorte des États européens où le paysage politique se recompose autant qu’il se morcelle et se radicalise.
Ce scrutin anticipé – il aurait normalement dû se tenir dans deux ans – devrait accoucher d’une Chambre basse penchant sérieusement à l’extrême droite mais surtout très fragmentée, avec potentiellement 16 mouvements qui entreront au Parlement.
« Ces élections, c’est un peu « Le Seigneur des anneaux », où les partis ne peuvent pas espérer mieux que d’être des Hobbits, avance le politologue Kristof Jacobs. L’enjeu est de savoir qui sera le plus grand de ces Hobbits. » Le chercheur de l’université de Radboud dresse une autre analogie, avec l’Hexagone cette fois. « Nous devrions nous aussi être confrontés à une partition du Parlement avec un bloc de droite radicale, un autre du centre et un troisième de gauche. »
Bien sûr, l’éparpillement parlementaire n’est pas nouveau à La Haye, où les gouvernements de coalition sont la règle. Mais former un exécutif pourrait cette fois relever du tour de force. L’un des responsables de ce potentiel blocage, c’est l’inévitable Geert Wilders, épouvantail de la vie publique néerlandaise depuis plus de vingt ans.
Avec une projection de 29 sièges remportés sur les 150 de la Chambre basse, le leader islamophobe et antieuropéen et son Parti pour la liberté (PVV) devraient arriver en tête d’un scrutin qu’ils ont précipité en quittant la coalition gouvernementale en juin. Les Néerlandais ont beau être préoccupés par le manque de logements, Wilders a réussi à raccrocher son obsession de l’immigration à la campagne électorale, en accusant les étrangers d’être à l’origine de cette pénurie.
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