Washington multiplie les attaques contre les navires de supposés narcotrafiquants vénézuéliens. Et menace maintenant Caracas de frappes terrestres.Une image en noir et blanc prise depuis les airs montre une embarcation posée sur l’océan. Un viseur braque le petit navire, qui se volatilise bientôt sous l’effet de l’explosion. La vidéo a été publiée ce mardi 14 octobre par Donald Trump sur son compte Truth Social. Le président américain est affirmatif : ses forces ont frappé une « embarcation transportant de la drogue » et « six narcoterroristes » ont été tués.
Les plus cyniques qualifieraient presque la scène d’habituelle. Jeudi, c’est un « sous-marin spécialement fabriqué pour transporter de la drogue » qui a été détruit, a fièrement annoncé le locataire de la Maison-Blanche. Il s’agit de la sixième embarcation coulée par la marine américaine depuis début septembre. Au moins 27 personnes ont déjà été tuées dans ces opérations.
Tous sont des « narcoterroristes », martèle le président américain, qui a déclaré depuis plusieurs semaines la guerre aux organisations criminelles vénézuéliennes. Accusés d’« inonder » les États-Unis de substances illicites, le Tren de Aragua et le cartel de Los Soles, structures dirigées par Nicolás Maduro en personne à en croire Washington, ont été placés sur la liste des organisations terroristes. Mi-août, huit navires de guerre ont été déployés au large des côtes vénézuéliennes avec pour objectif officiel de lutter contre le narcotrafic.
Une lutte efficace ?
Donald Trump n’a pas jugé nécessaire d’apporter la preuve de l’identité des présumés trafiquants éliminés. Pas plus que de publier des éléments confirmant la nature de leur cargaison. L’une des victimes de l’attaque du mardi 14 octobre serait Chad Joseph, un pêcheur trinidadien, selon sa mère, contactée par l’AFP. « Nous n’avons aucune certitude sur l’identité des personnes tuées lors de ces attaques », rappelle toutefois Ronna Rísquez, autrice d’un livre sur le Tren de Aragua*.