REPORTAGE — Neuf mois après les incendies qui ont ravagé la Californie, à Los Angeles, nombre de sinistrés n’ont toujours pas, faute de moyens et en raison de la pollution, retrouvé de logement.Au pied des montagnes de San Gabriel, au nord de Los Angeles, des ouvriers mettent la dernière touche à la charpente d’une maison en construction, sous un soleil de plomb. Dans une rue voisine, des panneaux installés sur des parcelles de terrain fraîchement déblayées annoncent le début imminent d’un chantier. Neuf mois après l’incendie d’Eaton, l’un des feux les plus dévastateurs de l’histoire des États-Unis, qui fit 19 victimes et ravagea 9 000 bâtiments, la petite ville d’Altadena montre les signes timides d’une renaissance.
Depuis fin janvier, les services fédéraux travaillent d’arrache-pied pour nettoyer l’ouest de cette commune semi-rurale réduite en cendres. En quelques mois, plus de 5 000 terrains ont été entièrement débarrassés de leurs débris. Vu du ciel, Altadena ressemble désormais à un grand damier de terre ocre. Sur Lake Avenue, ancienne artère commerçante, aujourd’hui bordée de ruines, les appels à la résilience sont partout. « We will rebuild » (« Nous reconstruirons »), promet une gigantesque banderole placardée sur le mur d’un des rares supermarchés encore debout.
C’est le choix qu’ont fait Gwen Sukeena et Jacques Laramee, dont la maison a brûlé deux mois seulement après leur emménagement. Une fois leur parcelle déblayée, le couple est retourné vivre sur son terrain dans une caravane, en attendant d’y ériger une nouvelle structure. Derrière leur remorque, un trou béant marque l’emplacement de leur ancienne maison. Comme eux, 67 % des résidents d’Altadena vivent encore dans un logement précaire, selon une étude publiée ce mois-ci par Department of Angels, une association créée après la catastrophe.