Raphaël Glucksmann : « Sébastien Lecornu nous tend une main vide »
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Raphael Glucksmann, le 27 septembre 2025.
LTD/LUDO CHARLES / Hans Lucas
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Raphael Glucksmann, le 27 septembre 2025.
LTD/LUDO CHARLES / Hans Lucas
LA TRIBUNE DIMANCHE — Dans une interview au Parisien, le Premier ministre estime que les Français demandent « plus de justice fiscale » et « tend la main à tous les parlementaires, en particulier les socialistes ». Que lui répondez-vous ?
RAPHAËL GLUCKSMANN — Que malheureusement sa main est vide pour l’instant et que ses mots vont vite sonner creux. Dans cet entretien, il ferme la porte à la taxe Zucman et balaie sèchement tout retour de l’ISF sans rien proposer qui réponde à l’exigence de justice fiscale que nous portons. Pour être franc, je ne comprends pas cette interview. Est-ce une stratégie de négociation ou une position réellement arrêtée ? Nous le saurons vite, mais une chose est certaine : si on en reste là, ce sera l’échec et le pouvoir portera la responsabilité de la crise et du retour aux urnes.
Vous avez été reçu par Sébastien Lecornu le 17 septembre à Matignon. Qu’en avez-vous retenu ?
Il a dit qu’il comprenait qu’il avait besoin de la gauche et ne pouvait continuer comme avant, mais sans s’engager sur la juste contribution des ultrariches au budget, ni sur rien de précis, à vrai dire. Nous lui avons donc répété que la rupture dont il avait parlé devait se matérialiser, sinon il ne tiendrait pas…
Quel doit être le rôle de la gauche dans cette période ? Jusqu’où doit-elle négocier ?
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Nous sommes responsables, prêts à discuter et à bâtir un compromis au nom de l’intérêt général. Mais cela suppose un changement clair de politique. Je ne ferai jamais partie de ceux qui vont à la censure en chantant, car j’ai conscience de la fragilité du pays, mais si le Premier ministre ne nous écoute pas, s’il préfère continuer comme avant, l’irresponsabilité aura été du côté de ceux qui s’obstinent à poursuivre sans majorité une politique rejetée dans les urnes. Et si Sébastien Lecornu tombe, je ne vois plus d’alternative à une dissolution…