Réélu de justesse pour un quatrième mandat à la tête du PS, le premier secrétaire définit sa stratégie pour 2027. Et promet de « tout changer » au sein de son camp.La nuit du jeudi 5 au vendredi 6 juin, Olivier Faure l'a passée avec ses concurrents au nouveau siège du Parti socialiste, dans le 10e arrondissement de Paris. Ils n'ont quasiment pas dormi, et l'actuel premier secrétaire comme son rival, le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol, ont acté la victoire du premier. L'affaire s'est jouée à quelques centaines de voix. Olivier Faure l'emporte avec 50,9 % des votes, selon les premiers résultats, qui ne comptabilisent pas l'outre-mer.
Malgré le timide soutien du troisième homme du scrutin, Boris Vallaud, le député de Seine-et-Marne a eu chaud, mais il a battu l'adversaire qu'il avait déjà affronté lors du fratricide congrès de Marseille en 2023. À 56 ans, le placide Olivier Faure entame son quatrième mandat à la tête d'un parti fracturé, à moins de deux ans de l'élection présidentielle. Il sera intronisé lors du congrès de Nancy le week-end prochain. Au lendemain de sa victoire, il a reçu La Tribune Dimanche dans son bureau de l'Assemblée nationale.
LA TRIBUNE DIMANCHE — Vous avez été réélu premier secrétaire du PS d'une courte tête. Le camp adverse parle même d'un « désaveu ». Comment expliquez-vous ce si maigre écart ?
OLIVIER FAURE — C'est rare que l'on puisse parler de désaveu quand on a gagné. Le désaveu aurait été une défaite. Maintenant, ma victoire doit être utile. Un PS fort au cœur d'une gauche sociale et écologiste forte ! Mon rôle est de rassembler ma famille et de contribuer à rassembler la gauche et les écologistes. Il faut arrêter de se contempler dans des miroirs. La gauche est à un niveau historiquement faible. L'extrême droite, celle de Marine Le Pen, Donald Trump, Victor Orbán est à son apogée. On laisse faire ? Non ! Le moment est venu de renverser la table ! Mon parti doit changer. La gauche doit changer ! C'est à notre génération de gagner la bataille de la réhumanisation de la société et de la réconciliation face aux fractures qui divisent notre pays.
Propos recueillis par Caroline Vigoureux