Affaires de corruption en Ukraine : Kiev contraint de préparer l’après-Yermak
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Andriy Yermak et Volodymyr Zelensky, le 18 novembre à Madrid.
LTD/FW1HFS/Tim Heritage
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Andriy Yermak et Volodymyr Zelensky, le 18 novembre à Madrid.
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La nouvelle a d’abord provoqué la stupeur à Kiev, lorsque Volodymyr Zelensky a annoncé vendredi 29 novembre la démission de son très fidèle chef de l’administration présidentielle, Andriy Yermak. Quelques heures plus tôt, le Bureau national anticorruption (NABU) avait perquisitionné son domicile. L’avocat et ancien producteur de films de série B, propulsé numéro deux de l’État en 2020, est soupçonné d’être lié au scandale Energoatomn.
En bientôt trois semaines, l’affaire de corruption de 100 millions de dollars dans le secteur du nucléaire civil a déjà mouillé plusieurs personnalités proches du président. Devant la menace d’une mise en examen de son bras droit, à qui il avait totalement délégué les affaires politiques intérieures et la représentation de l’Ukraine sur la scène internationale, Volodymyr Zelensky s’est résolu à s’en séparer.
Depuis six ans, le grand ordonnateur des affaires ukrainiennes, célibataire de 54 ans, avait consacré son existence, 24 heures sur 24, à servir son président. Certains, à Kiev, l’appelaient même « la seconde moitié du cerveau de Zelensky ». Les deux étaient inséparables, au niveau politique comme personnel. Une relation finalement devenue toxique, tant Yermak se plaisait à faire la pluie et le beau temps.
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La fiche de poste du démissionnaire ? Tout faire justement. Le chef de cabinet s’était transformé en DRH de l’appareil d’État, privilégiant la loyauté personnelle à lui-même et Zelensky, plutôt que la compétence professionnelle. Cela faisait grincer des dents. « Yermak était non seulement le miroir du président, mais aussi son paratonnerre. Essuyer les critiques à la place de Zelensky faisait partie de ses fonctions, commentait hier le député d’opposition Yaroslav Jelezniak, évoquant la théorie du bon tsar et du mauvais boyard. Désormais, c’est fini. Zelensky se retrouve en première ligne face aux conséquences de ses décisions. »