LA TRIBUNE DIMANCHE - Connaissiez-vous Kick et le streameur Jean Pormanove avant que Mediapart dénonce en décembre 2024 la violence des images diffusées sur ce site ?
CLARA CHAPPAZ - Non. Il y a urgence à remettre de l'ordre dans le Far West numérique. Spectateurs, ressaisissez-vous, si ces faits se passaient dans la rue, vous réagiriez immédiatement. Ce qui est déviant dans la rue l'est aussi en ligne.
Les journalistes vous ont contactée avant de publier l'article. Pourquoi ne pas avoir donné suite ?
Sortons de cette mauvaise polémique. J'aurais préféré, je n'ai jamais eu de problème à répondre aux médias, mais il se trouve que le gouvernement venait d'être censuré. Je n'ai pas attendu pour savoir qu'il y a des horreurs sur Internet et me battre pour y mettre fin, comme avec Skinnytok ou avec la vérification de l'âge sur les sites pornographiques. Mon rôle est de demander pourquoi ça a pris autant de temps, si la régulation est suffisante, si son application est effective.
Pourquoi les images des maltraitances de cet homme n'ont pas été suspendues après l'ouverture de l'enquête en 2024 ?
La loi impose aux plateformes de retirer les vidéos dont ils ont connaissance et qui sont « manifestement illicites ». Ce qui touche au terrorisme, à la pédocriminalité, les scènes de torture et de barbarie.
Ces images de coups et d'humiliations n'ont pas été considérées comme « manifestement illicites » ?
Je suis comme les Français qui ont découvert ces images : je les trouve insupportables. Mais c'est à Pharos de se prononcer sur leur qualification lorsqu'ils reçoivent un signalement.