Incendies à Los Angeles : des pompiers privés pour aider les très riches
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Les incendies ont forcé plus de 150.000 personnes à fuir leur domicile.
Reuters
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Les incendies ont forcé plus de 150.000 personnes à fuir leur domicile.
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Dans le quartier huppé de Pacific Palisades, les maisons sont en ruine. Les pompiers de la ville ont échoué à protéger les habitations des incendies déclenchés il y a plus d'une semaine aux abords à Los Angeles. Mais un petit village de boutiques de luxe est encore intact, protégées par des camions-citernes et des pompiers privés. Le milliardaire Rick Caruso a sauvé son centre commercial en engageant des sociétés privées.
« Nous avons été embauchés et nous avons reçu l'ordre de rester ici. Je n'ai pas le droit de vous en dire plus », explique à l'AFP un homme en uniforme jaune et vert, avant son briefing avec une vingtaine de collègues. Dans leurs pick-up immatriculés en Oregon, État voisin de la Californie, ces pompiers la jouent profil bas. Car au milieu d'une catastrophe ayant tué au moins 27 personnes et détruit plus de 16.000 hectares, leur présence pour protéger des enseignes de luxe comme Saint-Laurent ou Isabel Marant fait scandale. « C'est dommage que ça devienne aussi politique », souffle l'un d'eux. « Nous voulons simplement faire notre travail et aider autant que nous le pouvons. »
Ex-candidat malheureux à la mairie de Los Angeles, le promoteur immobilier Rick Caruso n'a cependant pas répondu aux sollicitations de l'AFP. Mais à Pacific Palisades, repaire de célébrités hollywoodiennes et d'ultra-riches, il n'est pas le seul à avoir tout tenté contre les flammes. D'autres pompiers privés montent la garde devant certaines villas, elles aussi indemnes.
Des célébrités, comme Laeticia Hallyday, veuve du chanteur Johnny Hallyday ou l'héritière Paris Hilton sont parmi les centaines de personnes à avoir perdu leur maison dans les violents incendies de Los Angeles. En ravageant des endroits opulents comme Pacific Palisades aussi bien qu'Altadena, une ville de banlieue plus modeste, les feux ont cependant remis sous les projecteurs les inégalités de la société américaine. Un autre promoteur immobilier, Keith Wasserman, s'est attiré une avalanche de critiques en passant une annonce directement sur X. « Quelqu'un a-t-il accès à des pompiers privés pour protéger sa maison ? », a lancé ce multimillionnaire de Pacific Palisades, prêt à payer « n'importe quel montant. »
Ces services coûtent généralement entre 2.000 et 15.000 dollars par jour, selon plusieurs entreprises interrogées par les médias américains. Mais même pour ceux disposant de tels moyens, faire appel à des pompiers privés n'est pas si simple : le secteur reste principalement employé par des villes, des services gouvernementaux ou des compagnies d'assurances.
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En Californie, une loi de 2018 limite leurs marges de manœuvre. Ils n'ont pas le droit d'utiliser des gyrophares ou des insignes similaires à ceux des pompiers publics, et ont l'obligation de se coordonner avec eux. Depuis ce texte, certaines entreprises refusent de servir les particuliers. Le secteur avait déjà défrayé la chronique en 2018, lorsque Kim Kardashian et son ex-mari Kanye West avaient engagé des pompiers privés lors d'un incendie, pour préserver leur manoir dans la communauté cossue de Hidden Hills, au nord de la ville.
Privés ou publics, les soldats du feu accomplissent la même mission, « protéger notre communauté », rappelle à l'AFP Jake Heflin, un capitaine de Long Beach, porte-parole sur l'incendie de Pacific Palisades. S'ils travaillent « correctement et en partenariat, cela peut être très efficace. »
Mais cela peut aussi engendrer des problèmes : le service public « n'a certainement pas besoin d'un défi supplémentaire (...) parce qu'ils sont mal équipés ou mal préparés et qu'ils se sont mis dans une situation difficile », souligne-t-il. Le porte-parole reste toutefois incapable d'expliquer si les pompiers publics se sont coordonnés avec leurs homologues privés pour lutter contre le feu à Pacific Palisades.
Un flou très critiqué par les Californiens, qui réclament des comptes sur la gestion des incendies. Pour certains, l'intervention de sociétés privées nourrit les accusations de négligence envers la maire démocrate, Karen Bass, accusée d'avoir réduit le budget des pompiers publics. D'autres réclament une véritable transparence sur l'approvisionnement en eau de ces entreprises, alors que des bouches incendies - financées par les impôts de tous - ont été rapidement asséchées.
Les incendies ont, par ailleurs, forcé plus de 150.000 personnes à fuir leur domicile et qui vont devoir se reloger. Au risque de voir les prix de l'immobilier flamber. Dans une Californie aux premières loges du réchauffement climatique, et au marché immobilier exorbitant, profiter des victimes des feux de forêt est malheureusement un grand classique alors que la ville n'est pas composée uniquement d'ultra-riches.
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Samedi dernier, le procureur général de l'État, a rappelé que le gonflement artificiel des prix est un « crime passible d'un an de prison et de 10.000 dollars d'amende ». Le magistrat a mis en garde les plateformes de location, et tous ceux qui utilisent des algorithmes fixant automatiquement les tarifs en fonction de la demande, les enjoignant à se conformer à la législation sous peine de poursuites. Une fois l'état d'urgence déclaré, la loi plafonne l'augmentation des prix à 10% maximum pour une durée de quelques mois. Mais en raison de l'ampleur des dégâts, le gouverneur de l'État a signé dimanche un décret prolongeant la mesure jusqu'à janvier 2026.
(Avec AFP)
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