Logement locatif intermédiaire : à Cagnes-sur-Mer, un front s’organise pour l’habitat des actifs

L'habitat des actifs en PACA, priorité des acteurs locaux.
Photo DR

L'habitat des actifs en PACA, priorité des acteurs locaux.
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Sur la question de la pénurie de logements pour actifs, les études se suivent et se ressemblent. Dernière en date, celle de la Cellule économique régionale de la construction (Cerc), consacrée au besoin en logement dans les huit territoires d’industrie de Provence-Alpes-Côte d’Azur à l’horizon 2030. Dans les Alpes-Maritimes, où l’on compte deux territoires d’industrie, il est estimé, selon les scénarios, entre 21.000 et 40.000 logements supplémentaires, dont 3.750 directement liés aux projets industriels en développement. Et ce, sur un terrain déjà fortement miné, où la part des logements neufs mis en vente dédiés aux actifs a dégringolé de 32 % à 2 % en dix ans.
« Aujourd’hui, l’enjeu n’est plus tant de permettre aux actifs d’acquérir leur résidence principale que de leur permettre de se loger tout court, alerte Franck Cannata, président de l’Union pour l’Entreprise 06 (qui réunit Medef et CPME). Près d’un candidat sur cinq renonce à un emploi faute de solution de logement abordable à proximité de son lieu de travail. »
À Cagnes-sur-Mer, ville côtière de 52.000 habitants nichée entre Nice et Cannes, la problématique préoccupe. Si la commune ne subit pas autant la pression touristique que ses célèbres voisines, elle n’échappe pas à la tension qui impacte l’offre de logements sur la Riviera française.
« Seuls 34 % des actifs vivent et travaillent sur la commune. Il faudrait qu’il y en ait davantage, cela éviterait la congestion de nos axes routiers et profiterait au tissu économique, sans lequel la Côte d’Azur s’effondrerait. C’est un sujet d’intérêt général », insiste Louis Nègre, son maire, à l’initiative de la convention signée fin juillet 2025 entre la commune, le promoteur Cogedim Méditerranée et six ETI basées dans le bassin cagnois.
L’accord vise à prioriser, au sein du programme immobilier mixte de 219 logements, baptisé Les Terrasses d’Ella, l’accès à 84 logements pour les collaborateurs des entreprises locales. Placés sous le statut « LLI » (Logements locatifs intermédiaires), ils seront opérés par le bailleur CDC Habitat, qui gère quelque 30.000 logements conventionnés en Provence-Alpes-Côte d’Azur, dont 16.000 intermédiaires.
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« C’est un produit qui a parfaitement trouvé sa place sur le marché, parce qu’il s’inscrit dans une politique de loyer plus modéré, inférieur de 10 % par rapport au marché libre », explique Pierre Fournon, directeur interrégional PACA et Corse de la filiale de la Caisse des dépôts. Laquelle développe régulièrement ce type de conventions consistant à flécher la communication en amont avec les centres hospitaliers, dont celui de Nice qui a déjà permis à 17 salariés de se loger à proximité, et avec les grandes entreprises, comme Naval Group, située dans le Var, mais jamais avec autant d’acteurs sur un programme précis.
« C’est une première », ajoute Pierre Fournon. « Il s’agit de faire front, relève Marcel Ragni, du groupe éponyme spécialisé dans l’éclairage public et les luminaires, signataire de la convention avec les groupes Renaudi, Costamagna, Ippolito, la Clinique Saint-Jean et le centre commercial Shopping Promenade Riviera, regroupant, à eux six, près de 3.400 salariés. On a trop parlé du logement social. Il en faut, bien sûr, mais plus au détriment du logement pour actifs. Ce sont eux qui font vivre l’économie. »
Concrètement, six mois avant la livraison du programme, attendue fin 2028, une première communication sur les modalités d’attribution des LLI sera organisée avec les parties prenantes. La commercialisation, quant à elle, démarrera véritablement trois mois après, le temps de récupérer et de vérifier que les candidats présentés par les entreprises remplissent les critères d’attribution (durée d’occupation, ressources et taux d’effort).
Les premiers arrivés seront les premiers servis. « Nous avons déjà une liste de 150 personnes susceptibles d’être intéressées », assure le maire. Qui entend bien réitérer l’initiative sur toutes les opérations immobilières comprenant des logements conventionnés. Et Marcel Ragni de conclure : « C’est un début. L’idée, avec cette première convention, est de mettre un pied à l’étrier, de façon à industrialiser ce processus, la question du logement étant devenu un impératif pour accompagner la croissance des entreprises. »