La pompe à chaleur, un système de chauffage de plus en plus prisé

Face à la crise énergétique, les pompes à chaleur gagnent en popularité.
LTD/Shutterstock/Virrage Images

Face à la crise énergétique, les pompes à chaleur gagnent en popularité.
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Les chiffres transmis en exclusivité par l’un des leaders de la rénovation donnent la mesure de l’engouement du moment. Chez Effy, en avril, les demandes pour les pompes à chaleur (PAC) sont en hausse de 143 % par rapport à l’année dernière. « Déjà en mars nous constations une augmentation sensible de l’intérêt pour les pompes à chaleur mais le mois d’avril explose tous les compteurs », explique Audrey Zermati, la directrice de la stratégie d’Effy, qui met en avant la prolongation du conflit au Moyen-Orient ainsi que la crainte de hausse du prix du gaz et le discours politique en faveur de l’électrification.
Si le nombre de demandes de PAC portées par les plus modestes double quasiment, il progresse encore plus fortement pour les ménages aux revenus les plus élevés. La preuve, selon Audrey Zermati, que « les propriétaires ne sont plus uniquement motivés par les subventions ». D’ailleurs, selon Effy, les ménages intéressés ignorent au départ dans quelle mesure ils pourront être aidés.
Aujourd’hui le prix moyen, installation comprise, d’une pompe à chaleur, à 15 000 euros, peut redescendre à 4 000 euros de reste à charge pour les plus modestes grâce à MaPrimeRénov’ et aux certificats d’économies d’énergie. Pour étaler ce coût, encore prohibitif pour beaucoup de ménages, les premières offres en leasing apparaîtront à l’automne.
« L’idée est de cumuler le paiement du reste à charge et l’abonnement avec un fournisseur d’énergie puis de mensualiser le tout sur trois ans », explique l’une des entreprises qui souhaitent distribuer des offres en septembre. Le coût mensuel devra rester inférieur ou égal à ce que le ménage payait avant son passage à l’électrique. « Quand ces offres arriveront, nous aurons un nouvel afflux de demandes, pronostique Audrey Zermati, en particulier des plus modestes, qui auront alors une aide supplémentaire allant jusqu’à 2 000 euros grâce aux certificats d’économies d’énergie. »
Quant à ceux qu’il faudra encore convaincre, une nouvelle modification du diagnostic de performance énergétique (DPE) pourrait aider. Le gouvernement envisage d’abaisser encore le coefficient de l’électricité dans le calcul du DPE, ce qui améliorera mécaniquement la note des logements à l’électrique.
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« En touchant à ce curseur en janvier, on a déjà fait sortir près de 440 000 logements de l’état de passoire thermique, explique Pierre-Louis Guhur, le cofondateur d’Argile, qui accompagne les entreprises de travaux en rénovation énergétique. En abaissant encore ce coefficient, on verra plusieurs centaines de milliers de biens supplémentaires sortir du rouge sans un seul euro de travaux dépensé. » Le dirigeant redoute que cela dissuade d’entreprendre des rénovations pourtant nécessaires. C’est d’ailleurs l’une des craintes du secteur : que les ménages se contentent d’installer une pompe à chaleur sans agir sur le reste, et notamment l’isolation.
Le prix unitaire de l’électricité restant plus élevé que celui du gaz, il faut avant tout réduire sa consommation globale pour profiter des économies d’usage. « Si les logements passés à l’électrique ne sont pas correctement isolés, on risque des contre-performances sur la facture et un sentiment de trahison chez les ménages », avertit Audrey Zermati, convaincue que le sujet de l’isolation reviendra rapidement.
D’ici là, le gouvernement devra aussi s’attaquer à l’électrification des copropriétés. Votes en assemblées générales, problématiques techniques et financières : contrairement aux maisons, la transition des 6,5 millions d’appartements encore chauffés au gaz ou au fioul sera compliquée, voire impossible pour beaucoup. Pas sûr, dans ce contexte et malgré le rebond du moment, que le gouvernement tienne son objectif d’installer 1 million de pompes à chaleur par an d’ici à 2030.