Dans quelles valeurs refuges investir ? La chronique financière de Marc Fiorentino

Découvrez la chronique de Marc Fiorentino.
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Dans les périodes de tempêtes géopolitiques, économiques ou financières, les investisseurs cherchent à se protéger. Ils se ruent vers ce que l’on nomme les « valeurs refuges ». C’est exactement ce qui se passe actuellement. Mais il y a une difficulté de taille : déterminer les valeurs refuges du moment, car la liste varie en fonction du contexte.
Le contexte actuel est anxiogène pour les investisseurs et les épargnants. Entre les décisions, les déclarations et les menaces quotidiennes de Trump, les tensions géopolitiques, les dérapages des déficits et des dettes d’État ou les doutes sur l’évolution des marchés et des taux d’intérêt, beaucoup se sentent perdus et c’est normal. Et quand on est perdu, quand on est inquiet, quand on ne sait plus ce qui va monter et surtout ce qui risque de s’écrouler, on cherche un refuge. On se rue vers les valeurs refuges.
La liste des valeurs refuges traditionnelles est la suivante : l’or, les emprunts d’État des principales puissances économiques, et certaines monnaies, historiquement le franc suisse mais aussi le dollar. Et récemment, les adeptes des cryptomonnaies ont suggéré d’ajouter le bitcoin à cette liste.
Mais dans la ou les crises que nous traversons actuellement, cette liste ne fonctionne pas. Au contraire, certaines de ses valeurs refuges traditionnelles ont vu leur cours chuter.
L’or joue à plein son rôle de valeur refuge. Il a doublé en un an. Et enchaîne quotidiennement les records de hausse. Car il sert de refuge aux investisseurs et aux épargnants, mais également aux banques centrales de pays qui se sentent menacés par les États-Unis. Loin d’avoir été ringardisé par les cryptomonnaies et le bitcoin, qui, lui, a baissé et n’a donc pas servi de valeur refuge, il brille de tous ses feux et prend sa revanche sur ceux qui l’avaient condamné prématurément.
Pour les autres valeurs refuges traditionnelles, si on exclut le franc suisse, c’est la grosse déception.
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Le dollar ne monte pas, il baisse. Il baisse même fortement. L’euro a dépassé (flirte avec ?) les 1,20 dollar et Trump s’est dit satisfait de cette évolution. Rappelons que dans le monde de Trump il faut que le dollar soit dévalué pour que les exportations soient plus compétitives et que le déficit commercial baisse. Et Trump a obtenu la dévaluation qu’il souhaitait, et cela pourrait continuer. Le dollar est victime aussi du désir grandissant de dédollarisation des partenaires ou adversaires des États-Unis.
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Les emprunts d’État des grandes puissances économiques n’ont pas servi non plus de valeur refuge. En cause, la défiance grandissante face à un niveau d’endettement historique mondial et à des besoins d’emprunt abyssaux. Tant que les États ne feront pas les efforts nécessaires pour réduire les déficits publics et adopter les réformes structurelles nécessaires, la défiance persistera. Pas de ruée, donc, vers les emprunts d’État américains ou européens. Au contraire.
La période actuelle est tellement complexe et incertaine que même les valeurs refuges classiques ne jouent pas leur rôle. Heureusement qu’il y a l’or, qui a sauvé la tradition. Jusqu’à quand ?