La chronique de Marc Fiorentino. Le retour en grâce du fonds euros
Marc Fiorentino

Découvrez la nouvelle chronique de Marc Fiorentino.
LTD/Fabien Clairefond
Marc Fiorentino

Découvrez la nouvelle chronique de Marc Fiorentino.
LTD/Fabien Clairefond
Le fonds en euros, pierre angulaire des contrats d'assurance-vie, est historiquement l'un des placements à capital garanti les plus prisés des épargnants. Longtemps, il a offert des rendements bien supérieurs aux autres produits d'épargne sans risque, comme le livret A, avec un écart de performance souvent supérieur à 1 %.
Cependant, cet avantage s'est progressivement estompé, rendant le livret A - plus souple et exonéré d'impôt - plus attractif. Mais, alors que de nombreux experts annonçaient la fin du fonds en euros, celui-ci connaît en 2024 un retour remarqué, porté par des performances améliorées.
Pour comprendre ce regain d'intérêt, il faut examiner le fonctionnement du fonds en euros. Contrairement à un livret ou à un compte à terme, son rendement n'est pas connu à l'avance. Comme pour tout fonds d'investissement, il dépend de la performance réalisée par le gérant. Celui-ci va principalement se reposer sur une allocation prudente et diversifiée : environ 80 % des actifs sont investis en obligations - principalement d'État - en raison de leur stabilité, qui permet ainsi de garantir le capital. Le reste est réparti entre actions, immobilier et titres monétaires.
La performance, annoncée en fin d'année, dépend des revenus générés par le portefeuille et des choix du gérant. Ce dernier peut conserver une partie des bénéfices dans une « provision pour participation aux bénéfices », une réserve utilisée pour lisser les rendements lors des années difficiles. Celle-ci doit toutefois être redistribuée dans un délai maximum de huit ans.
Les portefeuilles des fonds en euros, largement constitués d'obligations acquises entre 2010 et 2020, n'ont pas immédiatement bénéficié de la remontée des taux d'intérêt. Cependant, les assureurs ont pu compenser en puisant dans leurs réserves accumulées. En parallèle, ils réinvestissent dans de nouvelles obligations offrant des rendements plus élevés, en remplacement d'anciennes arrivées à expiration mais aussi pour investir l'argent frais obtenu grâce à une collecte redevenue positive cette année.
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.

En 2024, de nombreux fonds en euros afficheront des rendements supérieurs à 2,5 %, voire 3 %. De quoi leur permettre de redevenir le placement sans risque numéro un, alors que le rendement du livret A sera abaissé à 2,4 % au 1er février. Attention toutefois aux frais d'entrée, qui peuvent grimper à 3 % voire plus et pénalisent la performance de long terme.
Le timing est donc idéal pour les fonds euros et, pour profiter au mieux de cette montée en puissance, certains assureurs proposent des boosts de performance. Il s'agit d'une rémunération additionnelle, généralement entre 1 % et 2 %, s'appliquant uniquement sur les nouveaux versements pendant un ou deux ans. Cette stratégie de taux bonifiés répond à un double objectif.
À lire également
D'une part, compenser la concurrence des livrets d'épargne, tels que le livret A, et maintenir un bon niveau de collecte. D'autre part, elle permet de profiter de la hausse des taux obligataires pour réinvestir les capitaux à des rendements plus élevés, ce qui devrait soutenir les performances à long terme, et confirme que les fonds euros restent le meilleur placement sans risque dans les années à venir.
Chaque vendredi sur BFM Business retrouvez Marc Fiorentino de 20 h à 21 h.
Marc Fiorentino