Lionel et Sonia Thomas, agents immobiliers à Chamonix : « L’offre a beaucoup évolué, ainsi que le pouvoir d’achat des acquéreurs »

Lionel et Sonia Thomas, agents immobiliers à Chamonix.
LTD/Monica

Lionel et Sonia Thomas, agents immobiliers à Chamonix.
LTD/Monica
LA TRIBUNE DIMANCHE – Le marché de l’immobilier a très bien performé après la pandémie, et aujourd’hui encore. En quoi la pandémie a-t-elle été un tournant ?
LIONEL ET SONIA THOMAS — Il y a eu une grosse évolution depuis la pandémie, car ceux qui ont pu profiter de leurs biens pendant le confinement ont compris qu’ils pouvaient y vivre, et même y travailler. La montagne représente aussi un endroit où ils se sentent protégés, en sécurité et même un peu « exclusifs ». En parallèle, les investisseurs ont compris que la montagne était un bon investissement, car on pouvait, en réalité, louer une bonne partie de l’année. Les Français sont revenus sur ce marché, car ils se sentaient rassurés dans leur pays, et de nouveaux investisseurs provenant des États-Unis et du Nord de l’Europe sont arrivés.
Cet intérêt a-t-il modifié l’offre en station ? Et les prix proposés aujourd’hui sont-ils réellement corrélés au marché ?
Il y a une quinzaine d’années, on ne trouvait aucun 5-étoiles à Chamonix, aucune excellente table pour dîner. L’offre a beaucoup évolué, ainsi que le pouvoir d’achat des acquéreurs. Autrefois, un chalet à 2,5 millions d’euros était rare, maintenant c’est plus courant. Nous avons même réussi à vendre un chalet à 10 millions d’euros, ce qui est vraiment exceptionnel à Chamonix, tout comme le bien, qui était idéalement situé et faisait 600 m2. Il est vrai que certains propriétaires se sont emballés. Nous avons aujourd’hui des biens qui sont surévalués, ma is, si un bien n’est pas au prix du marché, il ne part pas. Dans le cas contraire, il peut être vendu en quelques semaines.
Face à cette explosion des prix et à un parc composé d’un nombre important de biens disposant d’un DPE F ou G (28 %), la rénovation est-elle intéressante ?
Les acquéreurs veulent un chalet clé en main, et le prix du mètre carré est déjà assez élevé. S’il faut ajouter 3000 €/m2 pour les travaux, l’opération devient difficile. Mais certains promoteurs réussissent à mener ce type de projet, grâce à la surélévation, en ajoutant un étage, par exemple.
Face aux difficultés rencontrées pour loger les saisonniers et les habitants à l’année, certains élus réglementent les locations et les constructions de résidences secondaires. Craignez-vous que cela freine le marché ?
Le prochain PLU va bientôt être voté à Chamonix, et il est très contraignant : à partir d’une certaine surface, il imposera d’intégrer des logements sociaux, certaines zones sont devenues inconstructibles... Cela va complexifier les projets pour les acquéreurs. Nous travaillons directement avec des promoteurs pour développer des projets, ici, mais il y en a peu et il faut être attentif à la solidité du promoteur. C’est pour ça qu’il est important de se rapprocher de professionnels pour acquérir un bien.