La chronique de Marc Fiorentino. Prendre le bon risque

Découvrez la nouvelle chronique de Marc Fiorentino.
LTD/Fabien Clairefond

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Les semaines se suivent et ne se ressemblent pas. Après une correction sur les indices boursiers la semaine dernière, on a assisté à un petit rebond. Mais les investisseurs semblent toujours aussi perdus entre interrogations sur la croissance américaine, craintes sur l’impact des droits de douane et peur de l’explosion de la bulle de l’intelligence artificielle. Et comme à chaque secousse sur les actions, vous êtes beaucoup à vous demander, et certains à me demander : « Que dois-je faire de mes actions ? Je liquide tout ? C’est le moment d’acheter ? » sans oublier une question devenue rituelle : « Et Nvidia ? » Et quand j’entends ces questions, je suis toujours aussi surpris.
Je ne peux pas m’empêcher de me dire que si vous vous inquiétez pour une baisse de 3 % sur les indices boursiers en une semaine, c’est que vous n’avez pas le portefeuille de placements qui vous correspond. Et qu’il faut reprendre votre allocation d’actifs à la base, sans tabous et en toute franchise. Ne vous mentez pas à vous-même.
J’ai remarqué au fil des années que quand on posait la question à des investisseurs, surtout des hommes, d’ailleurs, de savoir comment ils réagiraient en cas de baisse brutale – de 10 % ou plus – des actions ou d’un de leurs placements, ils répondent massivement qu’ils ne paniqueraient pas et qu’ils saisiraient même l’opportunité de baisse pour acheter plus d’actions… « Même pas peur ! »… Mais ce n’est pas tout à fait vrai.
À la moindre secousse boursière, on voit cette belle musculature se dégonfler. Pschitt ! Il est important, essentiel même, de définir clairement son appétit et son aversion au risque avant de constituer son portefeuille de placements. Ce n’est pas grave de ne pas supporter la volatilité du marché, ce n’est pas grave non plus de se sentir mieux avec des placements tranquilles, « improductifs » même selon nos députés, l’important est d’avoir un portefeuille dont le niveau de risque correspond à votre caractère. Bien gérer son argent est important, mais bien dormir la nuit même en cas de tempête boursière est crucial pour votre santé et pour votre lucidité.
Alors, regardez-vous dans un miroir et répondez avec franchise à la question : « En cas de baisse violente des actions, comment vais-je réagir ? » Si votre réponse est « je serai très nerveux », alors il vous faudra une allocation d’actifs au mieux « équilibrée », voire « prudente », avec une part de marchés d’actions limitée, 20 à 30 % maximum, avec une part d’actifs spéculatifs, comme l’or ou les cryptomonnaies, encore plus limitée, 3 à 5 % maximum, et avec une part de placements tranquilles dominante, principalement dans la poche « placements de taux ». Vous serez plus tranquille.
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Mais soyez lucide aussi sur la contrepartie : si vous êtes plus rassuré, ne vous attendez pas à avoir et la tranquillité et une performance élevée. Pour mieux dormir la nuit, vous allez devoir sacrifier une partie de la rentabilité. Comme disent les Américains, « il n’y a pas de déjeuner gratuit ». Que Nvidia s’envole ou chute de plusieurs centaines de milliards de dollars en quelques minutes ne doit jamais affecter votre portefeuille ni affecter votre vie.