Quand Nvidia va, tout va ? La chronique de Marc Fiorentino

Découvrez la nouvelle chronique de Marc Fiorentino.
LTD/Fabien Clairefond

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Cette semaine, les traders et les investisseurs étaient tous focalisés sur un seul événement. Ce n’était pas la publication des premiers chiffres du chômage américain après le « shutdown » ni le compte rendu de la dernière réunion de la banque centrale américaine, deux événements habituellement attendus avec fébrilité. Non. L’événement de la semaine était les résultats trimestriels de Nvidia.
Avant d’évoquer ces résultats, posons-nous quelques secondes. Nvidia. Une entreprise. Une seule entreprise. Mais une entreprise qui est devenue le centre de l’attention de tous les acteurs de la finance et de l’économie. Une entreprise dont le poids est devenu tellement hallucinant que ce n’est plus de la microéconomie mais de la macroéconomie.
Par sa capitalisation d’abord. Première entreprise à avoir passé les 5.000 milliards de dollars de valeur. Après l’annonce de ses résultats, le cours a progressé de 5 %, mais 5 % de Nvidia c’est 225 milliards de dollars de valeur en plus, en quelques minutes, l’équivalent de deux tiers de la valeur de LVMH. Avant de rechuter lourdement quelques heures et quelques centaines de milliards plus tard… De la macroéconomie par son rôle central dans l’écosystème de l’intelligence artificielle. Or l’IA drive aujourd’hui, directement et indirectement, la croissance économique américaine. Si Nvidia va bien, l’IA va bien et l’économie américaine va bien.
Et pour l’instant, Nvidia va bien, très bien même. Mieux qu’anticipé par les analystes. Hausse de 62 % du chiffre d’affaires trimestriel à 57 milliards de dollars, hausse du bénéfice de 65 % à 31,9 milliards de dollars. Un bénéfice de 55 % du chiffre d’affaires. Hallucinant. Et Jensen Huang, son président, est optimiste, très optimiste même pour l’avenir.
Voilà donc les craintes de bulle sur l’IA momentanément apaisées. Momentanément seulement. La multiplication des deals entre les acteurs de l’IA, et notamment OpenAI et Nvidia, l’envolée des valorisations, la défiance de certains gérants comme Michael Burry, rendu célèbre par sa prévision du krach de 2008 et le film The Big Short, alimentent un climat d’inquiétude.
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Pas seulement une inquiétude sur la Bourse mais une inquiétude sur l’économie dans son ensemble. Au point que certains analystes considèrent qu’OpenAI est devenu « systémique », son directeur financier considérant d’ailleurs que la société était devenue too big to fail, trop importante pour qu’on la laisse tomber en cas de difficulté.
Cette situation ne facilite pas la gestion des portefeuilles actions des professionnels comme des particuliers. Il faut faire un choix. Et le choix est binaire : si on croit qu’il y a une bulle de l’IA et qu’elle va exploser, il faut alléger au maximum la part actions dans ses placements. Si on croit au contraire que ce n’est que le début d’une révolution technologique mais aussi financière, il faut maintenir voire renforcer son portefeuille d’actions. Américaines en priorité.
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La sagesse m’oblige à vous recommander la prudence. La prudence, pas la panique. Il faut rester investi sur les indices boursiers, mais il faut diversifier. Et profiter des opportunités sur les autres classes d’actifs, notamment les placements « taux d’intérêt ». Nvidia va bien, mais en matière de placements on ne peut pas tout miser sur le rouge ou sur le noir…