La chronique de Marc Fiorentino. Vive la retraite par l’épargne !

Découvrez la nouvelle chronique de Marc Fiorentino.
LTD/Fabien Clairefond

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Je ne m’étendrai pas sur la suspension de la réforme des retraites. Pour exprimer mon sentiment, je vous donnerai juste la liste des synonymes du mot « retraite » : déroute, débâcle, reculade, repli, retrait. Tout est dit.
Mais essayons de nous projeter tout de même. Et ce n’est pas simple. Au-delà de l’opération de survie politique jusqu’à 2027, face au déni de réalité sur notre situation financière et en particulier sur la situation de la Sécurité sociale, la question est simple : à quel moment serons-nous obligés de réagir ? On ne peut pas imaginer que nous puissions continuer à aller droit dans le mur sans finir par le rencontrer. Mais quel mur ? Où est-il ? Quand l’atteindrons-nous ?
Nous avons déjà franchi toutes les lignes rouges tant en matière de déficit budgétaire que de niveaux absolu et relatif de la dette. Les dégradations des agences de notation auraient pu provoquer un électrochoc, mais nous sommes encore bien notés, trop bien notés même. Le danger ne pourrait venir que des marchés et en particulier de notre niveau de taux d’emprunt mais, là encore, pas de mur à l’horizon. Tout juste quelques haies que nous franchissons de plus en plus difficilement certes mais que nous franchissons tout de même.
Notre taux de référence, le taux d’emprunt à dix ans, n’a pas bronché après le vote de la suspension. Il reste à 3,40 %. Avec un « spread », un différentiel de taux par rapport à l’Allemagne de moins de 0,80 %, niveau considéré comme un premier signal d’alarme. Nous bénéficions toujours de la protection de l’euro et de la BCE, et d’une croissance molle en Allemagne et en zone euro qui alimente la désinflation.
Et tant que nous ne verrons pas ce taux s’envoler, comme ce fut le cas pour la Grèce, l’Espagne, le Portugal ou l’Italie, nous pouvons donc continuer à faire n’importe quoi, et on ne s’en prive pas.
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Face à ce désastre annoncé à nombreuses reprises mais qui ne se matérialise toujours pas, vous n’avez pas d’autres choix que d’opter pour la retraite par l’épargne. Et c’est ce que vous faites. Je ne vais pas encore vous reparler du plan d’épargne retraite (PER) ou de l’assurance-vie dont les encours battent des records… Ni de l’acquisition de la résidence principale à laquelle aspire une large majorité de Français. Non.
Aujourd’hui, je voudrais insister sur la nécessité de constituer une épargne retraite dès le plus jeune âge. Peut-être pas à la naissance, mais au plus tard à 18 ans. Sans attendre d’éventuelles incitations gouvernementales comme celles proposées par Gabriel Attal. Dès que vous atteignez 18 ans, ou que votre enfant ou votre petit-enfant atteint cet âge, il faut ouvrir une enveloppe épargne retraite si vous le pouvez. Peu importe le montant initial.
Privilégiez des versements programmés mensuels, même limités. Idéalement sur un PER, mais vous pouvez le faire aussi sur un contrat d’assurance-vie. Avec une allocation simple, peu onéreuse, constituée d’ETF ou de fonds actions et d’ETF ou de fonds obligataires. Une allocation équilibrée ou dynamique, peu importe. Ce n’est pas tant le sous-jacent ou même le montant épargné qui est important, c’est la démarche, la discipline et l’esprit.
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Nous ne pouvons pas rester les bras ballants en attendant une hypothétique décision politique courageuse ou, pire, une crise financière majeure. Et si le terme « retraite par capitalisation » vous gêne, remplacez « capitalisation » par le mot « épargne » et le tour est joué. Vive la retraite par l’épargne, donc ! À partir de 18 ans.
➡️ Retrouvez Marc Fiorentino chaque vendredi de 20h à 21h sur BFM Business.