Les effets des mesures restrictives sur les meublés touristiques diffèrent nettement selon les villes. Si certaines voient leur volume d’annonces reculer, dans d’autres la location saisonnière continue de gagner du terrain. Car la moindre souplesse peut être exploitée avec de nouvelles stratégies de détournement.
L’une des mesures les plus efficaces pour limiter les locations de courte durée est le système de compensation. Son principe : si un propriétaire souhaite proposer un logement, qui n’est pas sa résidence principale, en meublé touristique, il est obligé de mettre simultanément sur le marché un autre logement en location longue durée. Mesure à ce point dissuasive que c’est dans les villes qui ont adopté ce système qu’Airbnb recule le plus.
Le Collectif national des habitants permanents (CNHP), qui alerte sur les conséquences de la location saisonnière, a scruté l’évolution des annonces dans ces communes. C’est au Pays basque que les effets de la compensation sont le plus visibles ; 45 % de logements Airbnb en moins depuis 2021 à Saint-Jean-de-Luz et 30 % de moins à Biarritz. Des baisses quasi similaires sont constatées à Lille et Bordeaux.
Quant à Paris, si le nombre d’annonces ne recule que de 12 % ces quatre dernières années, « c’est aussi car des résidences principales mises exceptionnellement sur le marché l’an dernier pour les Jeux olympiques n’ont pas été retirées », explique l’un des porte-parole du CNHP. « Sans ce reliquat des JO, assure-t-il, la baisse serait forcément plus importante. »