Au Salon de l’Agriculture 2026, l’Outre-mer brille par ses productions emblématiques, mais la diversification agricole reste un défi crucial face aux contraintes de taille, de climat et de financement.
C’est une égérie qu’on ne verra pas, pas même sur les affiches, et donc un coup de projecteur manqué. Si Biguine est Martiniquaise, c’est l’ensemble de la filière agricole ultramarine qui se sentait mise à l’honneur. Jamais la race Brahman, emblématique de l’élevage des régions tropicales et méconnue en métropole, n’avait ainsi été exposée au Salon. En soi une bonne occasion d’aller au-delà des idées reçues, voulant que l’agriculture en Outre-mer, qui compte pour 5 % de l’ensemble national, se cantonne à la canne à sucre et à la banane.
Ce sont, bien sûr, deux piliers, avec respectivement 2,2 millions et 212.000 tonnes de production, et des sources d’exportation. Mais pour la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, Mayotte et La Réunion – si l’on s’en tient aux départements –, le challenge est d’élargir la gamme. Pour des raisons économiques mais aussi de souveraineté alimentaire.
Pas facile, quand la taille moyenne des exploitations est de 5 ha – contre 69 ha dans l’Hexagone – et que la surface globale est insuffisante pour produire des céréales. Sans compter le dérèglement climatique, dont les effets sont encore plus pernicieux.
« L’agriculture en Outre-mer est une longue histoire de culture d’exportation, rappelle Jacques Andrieu, directeur de l’ODEADOM, organisme chargé du développement de cette économie. La voix privilégiée, et c’est un chemin de moyen terme, est de produire davantage pour la consommation locale. Cette diversification est un axe gouvernemental et une volonté des territoires. Sans pour autant mettre à mal les cultures de canne et de banane. »
Se pose, dès lors, la question des aides, notamment les 653 millions d’euros relevant du dispositif européen POSEI, dédié aux régions insulaires et dépendantes aux importations. Or, un récent audit de la Cour des comptes européenne montre que les aides n’ont permis de maintenir la compétitivité que dans certaines filières traditionnelles, comme le lait et la banane. Cette dernière, capte même, à elle seule, 42 % des fonds. La Cour pointe ainsi « une nette concentration des financements chez un petit nombre de grands producteurs de bananes ». Selon un mode de calcul qui n’incite pas à la diversification vers d’autres produits. Pourtant le but recherché.
Newsletter
La Tribune Dimanche
Chaque dimanche, l’essentiel de l’actualité économique, politique et sociétale.