Blé malmené, vins en crise, bovins… Tout comprendre au déclin agricole français, secteur par secteur

Le pays compte le premier cheptel bovin de l'UE mais il décline face au manque de repreneurs et aux maladies animales.
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Le pays compte le premier cheptel bovin de l'UE mais il décline face au manque de repreneurs et aux maladies animales.
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La ferme France reste numéro un en Europe, mais se voit guettée par le déclin. Le pays a perdu 100 000 exploitations en 10 ans (2010-2020) et la moitié de ses quelque 490 000 chefs d'exploitation et co-exploitants auront l'âge de la retraite d'ici à 2030.
Et le solde agricole – l'équilibre entre exportations et importations de produits agricoles et agroalimentaires – s'est réduit à 200 millions d'euros en 2025. Un point de bascule pour un pays devenu 6ᵉ exportateur européen derrière les Pays-Bas, la Pologne, l'Espagne… quand il occupait la deuxième place en 2000.
À cela s'ajoutent la multiplication des aléas climatiques et des épizooties ainsi que l'instabilité géopolitique. Zoom sur une année difficile, dans tous les secteurs.
La France reste premier producteur et exportateur de céréales de l'UE, mais perd du terrain. Après une récolte catastrophique de blé en 2024, les exportations ont reflué à 6,6 milliards d'euros (contre 7,7 milliards d'euros en 2023), du fait d'une baisse tant des prix que des volumes. Elles ont rebondi depuis (+49 % sur un an, à fin septembre), portées par une belle moisson en 2025.
Mais la hausse des rendements ne compense pas la baisse tendancielle des surfaces cultivées en blé – la plus faible en 20 ans – ni la baisse des prix sur les marchés mondiaux, où la concurrence est rude face notamment au blé argentin qui se fraye un chemin jusqu'en Chine.
La hausse de la production pourrait permettre à la France d'exporter de 16 à 17 millions de tonnes de blé en 2025-2026. Mais malgré une hausse des achats du Maroc, cet objectif sera difficile à atteindre sans l'Algérie, qui a boudé en 2025 son ancienne puissance coloniale, ou la Chine, peu acheteuse ces derniers mois.
Chaque semaine, les enjeux clés de la transition écologique.

Les producteurs de grandes cultures sont aussi confrontés à une chute du prix de la pomme de terre, en surproduction en Europe, et à une érosion continue des cours du sucre pénalisant la betterave en dépit de bons rendements. Côté fruits et légumes, la France continue d'importer plus de la moitié de sa consommation.
Les exportations de vins et spiritueux ont de nouveau reculé l'an dernier, de 8 % en valeur, plombées par les guerres douanières avec les États-Unis et la Chine, un taux de change défavorable et une moindre consommation. Chaque année, le troisième excédent de la balance commerciale (après l'aéronautique et les cosmétiques) s'érode.
Ce bilan reflète aussi un lent déclin des volumes vendus sur tous les marchés traditionnels, y compris la France, sous l'effet des changements de modes de consommation.
Quant à la vendange 2025, elle pourrait être la plus basse depuis 1957, après une année 2024 déjà difficile, de nouveau en raison du dérèglement climatique (sécheresse, canicule). La France, deuxième productrice mondiale derrière l'Italie désormais, vient de lancer un nouveau plan d'aide à l'arrachage de vignes.
Le pays compte le premier cheptel bovin de l'UE (15,7 millions de têtes début 2025) mais il décline face au manque de repreneurs et aux maladies animales.
La filière se dit menacée par les accords de libre-échange conclus par Bruxelles et redoute la concurrence du boeuf brésilien ou australien, produit dans des conditions environnementales et de bien-être animal moins-disantes.
La filière laitière, et ses célèbres fromages, a elle pâti, malgré une collecte en hausse (plus de 23 milliards de litres en 2025), de droits de douane relevés en Chine et aux États-Unis.
Le porc et les œufs français suffisent pour assurer la quasi-totalité de la consommation française. Mais la filière volaille a décroché face à la hausse de la consommation, et dénonce les importations brésiliennes ou ukrainiennes : un poulet sur deux est importé.
La France se maintient au deuxième rang européen (derrière l'Espagne) pour la pêche de poissons et crustacés (473 000 tonnes en 2023) et l'aquaculture (180 000 tonnes). Mais elle reste minoritaire dans l'assiette des Français et contribue pour 5 milliards d'euros au déficit du commerce extérieur. Le goût des Français, quatrième plus gros consommateur européen (33,7 kg par habitant en 2022), pèse : au merlu ou à la sole, ils préfèrent le saumon et la crevette, qui représentent plus d'un tiers des importations de poisson.
(avec AFP)