Dans la Ville rose, les socialistes se sont alliés derrière le candidat Insoumis François Piquemal. Depuis, un front anti-LFI tente de se constituer pour empêcher sa victoire.Les Insoumis – et pas seulement – auront les yeux rivés sur Toulouse le soir du 22 mars. Si leur mouvement s’empare de la Ville rose, il aura franchi une nouvelle marche considérable, peut-être la plus importante même, depuis sa création en 2016. Il pourrait aussi s’agir de la plus grande surprise de ces élections municipales, tous partis confondus, tant personne ne s’attendait à ce que la troisième ville de France – qui se dispute ce statut avec Lyon – tombe dans le giron LFI.
Dans un sondage Ifop-Fiducial pour La Dépêche du Midi et Sud Radio dévoilé jeudi 19 mars au soir, François Piquemal, le candidat Insoumis, était certes donné perdant, mais au coude-à-coude avec le maire sortant Jean-Luc Moudenc qui rassemble le centre et la droite, avec 49 % des intentions de vote contre 51 %.
« Toulouse a été le déclencheur »
À Toulouse, tout est donc devenu possible ce dimanche de second tour depuis que le candidat socialiste, François Briançon, arrivé troisième au premier tour (24,99 %), a accepté dès lundi matin de mêler sa liste à celle de François Piquemal, deuxième (27,56 %). Les Insoumis misaient gros sur cette alliance, eux qui poussaient pour des fusions avec le reste de la gauche partout dans le pays pour démontrer que, loin d’être « infréquentables », ils étaient redevenus « incontournables » pour remporter des villes. Et donc centraux à gauche, à moins d’un an de la présidentielle.
« On savait que si ça topait à Toulouse, le reste suivrait. C’est pourquoi il fallait se dépêcher afin qu’il y ait un deal pour tuer dès lundi matin la ligne du PS qui ne veut pas entendre parler de fusion avec nous », raconte un cadre LFI qui a participé aux négociations. Ainsi a rapidement été proposé à François Briançon d’hériter de la présidence de la métropole toulousaine.