Alliances, mésalliances... La chronique politique de Ludovic Vigogne

La chronique de Ludovic Vigogne
LTD/DR

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Les régionales de 1998 sont des élections qui avaient eu de très lourdes conséquences nationales. Au lendemain des résultats, plusieurs candidats de droite avaient fait alliance avec le Front national afin de parvenir à se faire élire. Alors à l’Elysée, Jacques Chirac s’y était vigoureusement opposé et cela avait secoué au sein du RPR et de l’UDF, qui s’était même fracturée en deux.
Les alliances aux élections municipales de mars prochain seront-elles, à leur tour, à l’origine de fortes secousses nationales ? En la matière, c’est d’abord ce qui se passera au second tour entre le PS et LFI qui sera observé. Cet automne, la rupture s’est un peu plus approfondie entre les deux partis. En mars, « on pourra constater si la gauche s’est réconciliée ou non après les divisions budgétaires », note Bernard Sananès dans une interview à La Tribune Dimanche.
Si à Paris, Montpellier ou Strasbourg, toute alliance est d’ores-et-déjà exclue, celle-ci se formalisera-t-elle dans l’entre-deux-tours dans d’autres villes ? Une concrétisation ici ou là pourrait faire naître de vifs remous au sein des instances nationales du parti socialiste, qui pourraient avoir des conséquences en cascade pour 2027.
De l’extérieur, l’attitude du parti à la rose sera également vivement observée. Dimanche lors de l’émission BFM politique, Bruno Retailleau a ainsi pris date évoquant l’entre-deux-tours dans certaines municipalités. « Une alliance entre PS et LFI, pour moi, c’est insupportable », a mis en garde le patron des Républicains. Celui-ci en profitait pour revenir sur sa position lors du second tour de l’élection législative partielle du Tarn-et-Garonne en octobre, où une candidate PS affrontait un candidat UDR, le parti d’Eric Ciotti, allié au Rassemblement national. S’il avait défendu comme mot d’ordre « pas une voix pour la gauche », s’est-il justifié, c’est parce que, parallèlement, dans la deuxième circonscription des Français de l’étranger, le parti socialiste avait apporté son soutien à une candidate mélenchoniste. Quelle conséquence tirera Bruno Retailleau en mars prochain dans les villes où PS et Insoumis se retrouveront au soir du premier tour et où le RN sera en embuscade ?
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Mais le patron des Républicains pourrait lui-même avoir fort affaire avec un autre type d’alliance au second tour. L’union des droites se formalisera-t-elle dans certaines municipalités ? Des accords locaux passés entre LR et RN ne manqueront pas de provoquer de violents soubresauts au sein des instances du parti de Bruno Retailleau. Cela pèserait là encore très lourd sur la future présidentielle.
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