Marine Le Pen inéligible pour 5 ans
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REUTERS/Stephanie Lecocq
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[Article publié ce lundi 31 mars à 10 h 57, dernière mise à jour 13 h 15]
Au procès des assistants parlementaires européens, le tribunal correctionnel de Paris a condamné Marine Le Pen à quatre ans de prison dont deux ferme et 100 000 euros d'amende, ainsi qu'à une inéligibilité automatique de 5 ans s'appliquant immédiatement (exécution provisoire).
Pour rappel, le parquet avait requis une peine de cinq ans d'inéligibilité avec exécution provisoire, assortie de cinq ans de prison (dont deux ferme) et d'une amende de 300 000 euros.
Marine Le Pen, 56 ans, est accusée d'avoir été au centre d'un « système organisé » permettant à son parti d'utiliser des fonds européens pour rémunérer des assistants parlementaires qui auraient, en réalité, travaillé pour le Front national entre 2004 et 2016. Le préjudice estimé par le Parlement européen s'élève à 6,8 millions d'euros. Le tribunal a, lui, estimé que le préjudice total était de 4,1 millions d'euros.
Si elle reste députée, Marine Le Pen perd néanmoins son mandat local. Elle ne peut donc pas non plus se présenter à l'élection présidentielle de 2027, sauf à ce qu'un éventuel appel en décide autrement d'ici là.
« Il s'agit de veiller à ce que les élus comme tous les justiciables ne bénéficient pas d'un régime de faveur », a déclaré la présidente Bénédicte de Perthuis. Après un temps de silence dans la salle d'audience, le tribunal a commencé à appeler les prévenus à la barre pour leur annoncer leur peine. Marine Le Pen, elle, a quitté la salle d'audience, sans attendre de savoir quelle peine était prononcée contre elle, puis est partie du tribunal sans mot dire.
Le RN est lui condamné à 2 millions d'euros d'amende, dont 1 million ferme ; Louis Aliot, maire de Perpignan et vice-président du Rassemblement national, à 18 mois de prison dont six mois ferme, directement aménagés sous bracelet électronique, et trois ans d'inéligibilité. Au total, les neuf eurodéputés poursuivis ont été reconnus coupables de détournement de fonds publics, et les douze assistants coupables de recel.
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Le Kremlin a immédiatement réagi, déplorant une « violation des normes démocratiques ». « Je suis Marine ! » a écrit sur X Victor Orbán. Éric Ciotti s'est demandé « si la France [était] encore une démocratie ».« C'est un système de captation du pouvoir qui écarte systématiquement tout candidat trop à droite en mesure de gagner, de François Fillon à Marine Le Pen », a-t-il ajouté. « Aujourd'hui, ce n'est pas seulement Marine Le Pen qui est injustement condamnée: c'est la démocratie française qui est exécutée », a dénoncé lundi le président du RN, Jordan Bardella.
La secrétaire nationale des Écologistes, Marine Tondelier a estimé de son côté que Marine Le Pen devait « payer sa peine », car elle est une « justiciable comme les autres » : « Quand on donne des leçons d'exemplarité à tout le monde, on doit commencer par se l'appliquer à soi-même. » Marine Le Pen sera l'invitée du 20-Heures de TF1 ce soir.
La condamnation avec inéligibilité immédiate marque un tournant pour le Rassemblement national. Marine Le Pen a été la figure centrale du parti depuis plus d'une décennie, menant trois campagnes présidentielles et atteignant deux fois le second tour.
Jordan Bardella, président du RN depuis 2022 et dauphin désigné par Marine Le Pen, apparaît désormais comme le candidat naturel pour prendre la relève. Toutefois, son expérience limitée et son profil moins clivant suffiront-ils à mobiliser l'électorat lepéniste ? Beaucoup estiment que l'absence de Marine Le Pen pourrait affaiblir la dynamique du parti face à une droite républicaine en quête de reconstruction.
Cette condamnation risque d'alimenter les discours dénonçant une « justice politisée », renforçant ainsi un sentiment d'injustice parmi les électeurs du RN.
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