Municipales à Metz : l’ombre du puissant voisin luxembourgeois
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

François Grosdidier, le 4 juillet 2023.
LTD/Photo par LUDOVIC MARIN / AFP
Ce contenu est réservé aux abonnés La Tribune

François Grosdidier, le 4 juillet 2023.
LTD/Photo par LUDOVIC MARIN / AFP
Dix mille Messins prennent chaque matin le chemin du Luxembourg pour y travailler. La préfecture de la Moselle se situe à moins de cinquante kilomètres de la frontière grand-ducale, dans un sillon économique transfrontalier qui structure la vie de son bassin de population, ses mobilités, ses revenus fiscaux et son marché du logement.
Dans la campagne municipale qui s’achève, ce fait massif n’a pas existé. « Les enjeux transfrontaliers n’ont pas été posés », regrette sobrement Roger Cayzelle, ancien président du Conseil économique, social et environnemental de Lorraine. Son diagnostic est sans appel : « Cette campagne a été pauvre sur les enjeux du développement de la ville de Metz. »
Xavier Bouvet, qui a conduit la liste d’union des gauches en 2020 et frôlé la victoire face à François Grosdidier (Les Républicains) à 197 voix près, n’est pas retourné au combat. Bertrand Mertz, 64 ans, figure locale historique du parti socialiste, a repris le flambeau. « Metz est impactée par des enjeux essentiels pour son avenir, dans la zone d’influence du Luxembourg », reconnaît cet avocat, ex-maire de Thionville (Moselle). Avant d’ajouter cette mise en garde : « On peut s’interroger sur la durabilité du modèle de développement économique du Luxembourg, dont nous sommes devenus excessivement dépendants. »
C’est là que réside le paradoxe messin. Ancien siège du Conseil régional de Lorraine, la ville a perdu cette position privilégiée lors de réforme territoriale de 2016, avec la création du Grand Est, au profit de Strasbourg. Metz bénéficie de la prospérité luxembourgeoise par capillarité, mais sans en maîtriser aucun levier. Dans l’ombre du Luxembourg, la ville souffre de l’engorgement de l’autoroute, au nord, et les frontaliers sont excédés par les trains bondés. Franck Leroy, président (ex-Horizons) du Conseil régional du Grand Est, a promis un réseau express ferroviaire transfrontalier, sur le modèle strasbourgeois. Mais le calendrier messin reste incertain.