Municipales à Nice : l’économie, autre point de crispation de la campagne

Eric Ciotti et Christian Estrosi participent à un débat diffusé par ICI Provence-Alpes-Côte-d'Azur, le 4 lars 2026.
LTD/Photo par VALERY HACHE / AFP

Eric Ciotti et Christian Estrosi participent à un débat diffusé par ICI Provence-Alpes-Côte-d'Azur, le 4 lars 2026.
LTD/Photo par VALERY HACHE / AFP
A quelques jours du premier tour, chaque camp affûte ses arguments. Si sur le plan politique, ainsi que l’a souligné le débat BFM TV diffusé samedi 7 mars, les deux principaux candidats au fauteuil de maire de Nice semblent irréconciliables, entre Christian Estrosi et Eric Ciotti, les visions concernant le développement économique et le soutien aux entreprises divergent aussi.
Déjà dans l’approche. Le patron de l’UDR a ainsi organisé une réunion avec près de 150 dirigeants – chefs d’entreprises et patrons de fédérations ou de syndicats – jeudi dernier dans un hôtel avec une démarche non pas de meeting électoral mais davantage de sondage des doléances et des besoins. Le tout avec vote en direct sur les solutions à mettre en place.
Du côté du maire sortant, si on ne doute pas que l’économie soit aussi au centre de ses préoccupations, point d’exercice du même style, tout au moins qui ait été médiatisé.
L’économie qui a déjà été un point d’accroche durant la campagne. On se souvient que le choix de Pierre Ippolito, l’ancien président du Medef local, d’intégrer la liste d’Eric Ciotti avait ému le camp adverse… Lequel a été rejoint par une autre personnalité du monde économique, l’ancien vice-président de l’UMIH, bras droit du chef Thierry Marx et également président du syndicat pour la zone Nice Azur Alpes, Eric Abihssira, qui sera si Christian Estrosi est réélu, le « Monsieur Tourisme ».
La présence de ces deux personnalités du monde économique – même s’ils ne sont pas les seuls – a finalement remis un peu d’économie dans les débats. Et, de fait, les sujets ne manquent pas.
A commencer par le logement, vrai caillou dans la chaussure des entreprises, le manque criant de logement pour actifs rendant le recrutement difficile et la capacité à garder des talents, compliquée.
Du côté de Christian Estrosi, on promet la construction de 10 000 logements supplémentaires dont 1 000 grâce au principe de la surélévation. On promet aussi d’attribuer prioritairement les logements aux salariés des PME et aux saisonniers, un point que connaît par ailleurs parfaitement Eric Abihissira.
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Eric Ciotti, lui veut construire encore plus en hauteur et on ne veut surtout pas encadrer les loyers, estimant que le propriétaire « qui a travaillé toute sa vie », doit être libre d’appliquer le loyer désiré.
Mais Christian Estrosi et Eric Ciotti en viennent finalement aux mêmes solutions : il faut baisser la taxe foncière – que le maire actuel avait néanmoins augmenté de 19,18% en 2024 – et être plus sévère avec les locations type AirbnB. Autrement dit, appliquer plus sévèrement la loi Le Meur. D’ailleurs le maire sortant l’assure : pas de constructions de résidences secondaires accordées dans les quartiers tendus de la ville, dont le centre-ville et la Promenade des Anglais.
Sur la mobilité, si l’actuel Premier Magistrat compte bien aller au bout de son projet d’extension du tramway, son challenger veut supprimer le péage du contournement autoroutier de Nice et faire de la ligne de Chemins de fer de Provence, qui lie le littoral à l’arrière-pays, un RER.
Invité bien malgré lui dans le duel Estrosi-Ciotti, le pays voisin de Monaco se retrouve cité dans deux projets que porte Eric Ciotti : la création d’une zone franche entre Nice et Monaco et la création d’un métro entre les deux pays. Ce dernier projet est notamment défendu par Pierre Ippolito qui avait eu l’idée lorsqu’il était président des patrons du département.
Deux initiatives qui ne plaisent pas du tout à Christian Estrosi, lequel répond préférer « donner la priorité à l’amélioration du réseau ferroviaire existant plutôt qu’à un métro souterrain à plusieurs milliards d’euros ».
Eric Ciotti, lui, en remet une couche sur l’environnement fiscal qu’il n’estime pas suffisamment attractif et de proposer de mettre en place une prime pour toute entreprise qui crée de l’emploi ou qui recrute des apprentis. Et de simplifier l’accès à la commande publique. Christian Estrosi revendique une fiscalité la moins élevée de France et s’appuie sur différents rapports dont celui de l’Institut Montaigne pour l’affirmer.