OPINION. « Confions au Cese la relance de la démocratie sociale et civile », par Dominique Carlac’h, candidate à la présidence du Cese

Dominique Carlac’h est candidate à la présidence du Cese.
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Dominique Carlac’h est candidate à la présidence du Cese.
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Entre les élections municipales de mars et les sénatoriales de juin, une autre élection plus discrète mais tout aussi cruciale pour notre vie démocratique se déroulera la semaine prochaine : celle de la présidence du Conseil économique, social et environnemental (Cese).
Aux côtés de l’Assemblée nationale et du Sénat, cette troisième chambre rassemble ce que l’on appelait jadis « les forces vives de la nation » : organisations syndicales, patronales, agricoles, associatives et environnementales.
Depuis vingt ans, le Cese s’est en effet emparé des questions environnementales et de la transition écologique. Mais avec le temps, cette troisième assemblée a été invisibilisée dans la conversation publique. Mieux faire connaître aux Français ce qui se joue au palais d’Iéna est une nécessité.
C’est bien au cœur de cette institution que se développent la discussion et l’esprit de compromis avec les partenaires sociaux et la société civile. Si j’ai choisi de me présenter à la tête de cette assemblée, c’est parce que j’ai la conviction que notre démocratie, affaiblie, se porterait mieux si elle s’appuyait sur cet outil institutionnel. Ça n’est pas de « moins de Cese » dont nous avons besoin mais au contraire de « plus de Cese ».
Cette conviction, je ne suis pas seule à la porter. Les premiers retours sur le Pacte République Société Civile 2030 que je porte le montrent : une attente forte se dégage afin que notre assemblée s’attaque enfin aux tensions démocratiques qui fracturent le pays, avec une exigence de résultats tangibles, la restauration de la confiance et la lutte contre la fragmentation du débat public.
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Le mouvement des Gilets jaunes s’est développé parce que nous avons négligé certaines réalités de terrain. Les difficultés rencontrées à l’Assemblée nationale pour dégager une majorité s’expliquent par notre incapacité à trouver des compromis. Or le compromis n’est ni faiblesse ni renoncement : il est, dans une démocratie mature, la condition même de l’action publique. Cette culture suppose une exigence : que le Cese reste, dans tous ses travaux, ce lieu de synthèse non partisane où la diversité des composantes de la société civile produit du commun, et non un théâtre de postures et de confrontations politiques.
Quel que soit le résultat de la présidentielle et des législatives qui suivront, notre pays se trouvera face à des choix vitaux : souveraineté, protection sociale, cohésion. On n’a pas connu rendez-vous aussi déterminant depuis le début de la Ve République. Encore faudrait-il que le Cese soit introduit « dans la boucle » des discussions entre l’exécutif, les assemblées parlementaires et les organisations représentatives.
La culture de la concertation est la seule voie de la réforme dans un pays aussi fracturé que le nôtre. Les corps intermédiaires ont pour vocation de prévenir les tensions avant que la marmite ne déborde. Par les liens qu’ils tissent au cœur de chaque entreprise, chaque quartier, chaque village, ils sont les mieux placés pour prendre le pouls de la société. Se priver de ce capteur précieux fragiliserait gravement la cohésion du pays.
Il est courant dans la Ve République de questionner l’efficacité de telle ou telle institution. Certains ont voulu supprimer le Premier ministre, pourtant pivot en cas de cohabitation ou d’absence de majorité. D’autres s’interrogeaient sur le Sénat. On voit aujourd’hui l’utilité du système bicaméral qui est le nôtre. Il en est de même pour le Cese. Discret hier, il pourrait rendre de grands services à notre pays par sa pratique du dialogue.
Dans le cadre de la campagne pour cette présidence, j’ai fait des propositions. Au cœur de mon projet, le Pacte République Société Civile 2030 propose d’inscrire dans la durée une nouvelle méthode de dialogue entre l’institution et les corps intermédiaires : un rapport régulier sur l’état de la démocratie, un observatoire des tensions démocratiques alimenté par les remontées de terrain, et un mécanisme d’alerte précoce permettant au Cese de prendre la parole sur les signaux faibles avant qu’ils ne deviennent des crises.