L’État ne consacre que seulement 8 % de son budget à la transition écologique, selon un chiffrage du Réseau action climat (RAC) dévoilé par La Tribune. Des travaux sont en cours au Conseil d’analyse économique (CAE) pour réévaluer les besoins d’investissements, selon nos informations.La guerre au Moyen-Orient va-t-elle saborder le financement de la transition écologique ? En pleine préparation du budget 2027, les associations s’inquiètent d’un nouveau tour de vis financier sur les investissements « verts ». Et ce, alors que ces dépenses représentent seulement 8 % du budget de l’État, selon des données présentées par le Réseau Action Climat (RAC), dévoilées par La Tribune. Une enveloppe qui n’est pas à la hauteur des enjeux selon plusieurs spécialistes de la question climatique.
« Il s’agit d’une stabilisation du financement de l’État dans la transition écologique depuis 2021. Entre deux, il y a eu le rapport Pisani-Ferry / Mahfouz, la planification écologique. En outre, l’échéance de 2030 pour réussir les objectifs de la France en matière de neutralité carbone approche à grands pas », alerte Émeline Notari, responsable financements de la transition écologique au RAC. En conséquence, la France pourrait accuser un sérieux retard dans ses objectifs en matière de neutralité carbone d’ici à 2030 et la facture pourrait être encore plus salée qu’anticipé.
Budget vert : une méthode décriée
Élaboré sous l’autorité de l’ancien ministre du Budget d’alors, Gérald Darmanin, en 2019, le budget vert de l’État a véritablement démarré en 2021 au lendemain de la crise sanitaire. Pour rappel, ce budget prend en compte les dépenses favorables, neutres, mixtes et défavorables en matière de transition. En 2023, le ministère des Finances avait présenté en grande pompe ce budget vert pour mettre en avant les arbitrages favorables à la transition. Mais la méthode utilisée par les comptables de Bercy est contestée.