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OPINION. « Sortir du piège de la dette publique ! », par Maryse Carrère, élue des Hautes-Pyrénées

Par Maryse Carrère, sénatrice et présidente du groupe RDSE au Sénat *

Publié le 28 novembre 2025 à 16:15

Maryse Carrère est élue des Hautes-Pyrénées.

Maryse Carrère est élue des Hautes-Pyrénées.

LTD/DR

La Tribune Dimanche

N146 ● 19 juillet 2026

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Le groupe des sénateurs RDSE présidé par Maryse Carrère, élue des Hautes-Pyrénées, appelle à considérer la dette avec lucidité et responsabilité.

Dans le cadre du Projet de Loi de Finances (PLF), la question de la dette publique est complexe, urgente, et à la fois mal comprise. La dette française atteint un niveau préoccupant : elle s’établit à plus de 3400 milliards d’euros, soit environ 116 % du produit intérieur brut (PIB), un des ratios les plus élevés de la zone euro en 2025.

Cette réalité financière ne peut être ignorée, tant pour ce qu’elle révèle de la situation économique française que pour ses implications sur notre souveraineté et notre avenir collectif. La manière dont la dette est interprétée et les solutions envisagées méritent qu’on prenne du recul. En tant que groupe sénatorial, le RDSE appelle à la considérer avec lucidité et responsabilité.

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La dette est d’abord un piège lié au cadre financier international et européen que nous avons contribué à construire. Le système monétaire unique, qui garantit jusqu’ici stabilité et contrôle de l’inflation, montre aujourd’hui ses limites dans un contexte de crise mondiale et de compétition accrue entre États. Notre pays, comme les autres États membres de l’Union européenne, n’est plus maître de sa politique monétaire.

La dette absorbe une part toujours plus grande de notre budget national. Notre souveraineté est déjà affectée car nous sommes dépendants des marchés de capitaux et des agences de notation. Ceux-ci déterminent chaque année les conditions de notre emprunt. Ces mécanismes nous enferment petit à petit dans une logique d’appauvrissement de l’État au profit des marchés financiers.

L’Europe doit ouvrir le débat sur une mutualisation de nos outils d’investissement stratégique, qui viendrait consolider notre souveraineté nationale, au lieu de l’affaiblir. Osons la question d’un véritable trésor européen capable de soutenir ses membres.

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Mais la dette est aussi un symptôme d’une économie malade. Elle finance chaque année ce que notre économie ne produit plus. La dette compense depuis des années un déficit commercial structurel alimenté par la désindustrialisation progressive et les crises dans plusieurs secteurs clés comme l’agriculture. Ce phénomène réduit la capacité productive du pays, obligeant l’État à financer par l’emprunt non pas des investissements porteurs d’avenir, mais la consommation courante et les dépenses contraintes.

Ce constat nous oblige à ne pas pointer uniquement la dépense publique ou la fiscalité, mais à reconnaître que tant que notre déficit commercial persistera, la dette continuera de croître inexorablement. On ne peut donc pas se contenter d’une simple politique d’austérité sur les dépenses publiques ou d’augmentations d’impôts.

Le seul véritable remède à cet endettement qui nous mine est une politique industrielle ambitieuse, capable de relancer le développement économique de la France et d’engager une révolution écologique et numérique. Une telle ambition exige une politique d’investissement transversale, alliant politique de l’énergie, politiques de la formation, de la recherche publique et privée, du commerce extérieur, et politique migratoire.

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Par ailleurs, la question de notre autonomie stratégique ne peut être dissociée de cette ambition. Elle doit prendre en compte spécifiquement le rôle de nos territoires d’outre-mer et le renforcement de nos partenariats internationaux. La cohérence de ces politiques publiques s’impose comme un levier essentiel pour résoudre le problème de la dette et préserver notre modèle social et progressiste.

Cette approche exige une volonté inexpugnable : faire converger toutes les politiques publiques vers un objectif commun et garantir cohérence, résilience et prospérité durable à la France dans un contexte international agité par des ruptures géopolitiques, économiques, technologiques et climatiques. La dette ne doit plus être vue seulement comme une contrainte budgétaire mais comme un défi qui invite à repenser en profondeur notre modèle de développement. 

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  • OPINION. « La dette française, enjeu de souveraineté » (Michel Santi)
  • L’édito de Bruno Jeudy. Le désendettement, c’est maintenant
  • Pierre Moscovici, premier président de la Cour des comptes : « La dette est un nœud coulant qui nous étrangle »

Les signataires du groupe RDSE du Sénat :

DAUBET Raphaël (46), BILHAC Christian (34), CARRÈRE Maryse, Présidente du groupe (65), BRIANTE GUILLEMONT Sophie (Sénatrice des Français établis hors de France), DELATTRE Nathalie (33), GUILLOTIN Véronique (54), JOUVE Mireille (13), PANTEL Guylène (48), CABANEL Henri (34), FIALAIRE Bernard (69), GOLD Éric (63), GROSVALET Philippe (44), GUIOL André (83), LAOUEDJ Ahmed (93), MASSET Michel (47), ROUX Jean-Yves (04), GIRARDIN Annick (97).

Par Maryse Carrère, sénatrice et présidente du groupe RDSE au Sénat *

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