BAROMÈTRE EXCLUSIF. 6 Français sur 10 ne font plus confiance à Sébastien Lecornu

6 Français sur 10 ne font plus confiance à Sébastien Lecornu
LTD/Amaury Cornu / Hans Lucas via Reuters Connect

6 Français sur 10 ne font plus confiance à Sébastien Lecornu
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La farce budgétaire qui se joue à l’Assemblée nationale déteindrait sur plus d’un Premier ministre. Sébastien Lecornu, qui a fait mine de confier au Parlement le soin de bâtir les lois de finances pour 2026, n’échappe pas à la règle. C’est ce que révèle l’étude mensuelle réalisée par Ipsos BVA et l’école d’ingénieurs Cesi pour La Tribune Dimanche. L’ex-sénateur y atteint 60 % de jugements défavorables parmi les Français sondés, 5 points de plus par rapport à octobre.
Ce retour de bâton provient des électorats du Rassemblement national et de La France insoumise. Celui du bloc central, a contrario, marque un bond dans le soutien au chef du gouvernement. Quant à Emmanuel Macron, il se stabilise à 19 % d’opinions favorables, niveau extrêmement faible.
Depuis que Sébastien Lecornu s’est succédé à lui-même à Matignon, l’ensemble des figures du spectre politique ont consolidé leur base. Affaibli par son départ cafouilleux du ministère de l’Intérieur, Bruno Retailleau recueille 21 % de taux de satisfaction à l’idée de le voir devenir président de la République – grâce aux sympathisants de la droite, chez qui l’élu vendéen reprend du poil de la bête (63 % de bonnes opinions). Édouard Philippe, critiqué par la Macronie pour avoir appelé le chef de l’État à démissionner, remonte chez les électeurs de Renaissance, du MoDem et d’Horizons (63 %), qui le placent toujours devant Gabriel Attal.
« Globalement, les Français ont le sentiment qu’il ne se passe rien politiquement, observe Brice Teinturier, directeur général délégué d’Ipsos BVA, donc c’est la lassitude qui prédomine. » Parmi les principales personnalités, seuls Marion Maréchal (-4 points) et Raphaël Glucksmann (-3 points) enregistrent des baisses notables. Détail important : l’eurodéputé social-démocrate s’érode surtout au sein de l’électorat socialiste, là où Jean-Luc Mélenchon gagne quelques points à gauche.
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S’il en est un qui surnage, c’est Jordan Bardella. Grappillant 4 points en un mois, le président du RN atteint 37 % de satisfaits, devant une Marine Le Pen immobile à 33 %. Sa candidature à l’Élysée demeurera virtuelle tant que l’avenir judiciaire de la leader frontiste ne sera pas éclairci. « En attendant, il prend l’ascendant, constate Brice Teinturier. Est-ce parce que les Français ont intériorisé que Marine Le Pen ne sera pas sur la ligne de départ en 2027 ou parce qu’ils sont rassurés par sa stratégie visà-vis des milieux économiques ? » L’avenir le dira.
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