SONDAGE EXCLUSIF. 86 % des Français font confiance à leurs Régions

Les Français plébiscitent sans appel les 13 nouvelles grandes régions administratives.
LTD/Shutterstock/Vittaya Pinpan

Les Français plébiscitent sans appel les 13 nouvelles grandes régions administratives.
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Deux Français sur trois (64 %) souhaitent « que le système politique français évolue vers un fédéralisme régional où chaque région pourrait créer ses propres lois dans certains domaines ». C’est le principal enseignement du sondage exclusif réalisé par l’IFOP pour Région de France à l’occasion du grand congrès qui se tiendra à Versailles le 6 novembre prochain.
Dix ans après la réforme territoriale voulue par François Hollande, les Français plébiscitent sans appel les 13 nouvelles grandes régions administratives pour certaines créées, pour d’autres confortées, à l’occasion des réformes territoriales de 2015. « Le propre d’une grande réforme, c’est quand elle finit par être acceptée », nous avait confié récemment l’ancien président socialiste même s’il reconnaît quelques difficultés : « certains Alsaciens m’en veulent beaucoup d’avoir créé la région Grand Est ».
L’envie de région est très nette, relève Frédéric Potier, le directeur général de Région de France, qui a commandé le sondage : seulement 14 % des Français font confiance à l’État (-12 points par rapport à 2021, date des dernières élections régionales) contre 86 % aux régions (+12 points). Pour un Français sur deux, la réforme de 2015 s’est traduite par un renforcement du poids politique des régions.
« La proximité est plébiscitée. Nous avons été surpris par le score sur la montée du désir du fédéralisme régional. En 2006, seuls 36 % des Français le souhaitaient. Ils sont désormais 64 %. C’est un signe que le vieux jacobinisme d’État est à bout de souffle ». C’est aussi « la preuve que les politiques régionales sont plus visibles et que leurs résultats sont perçus par les habitants, qu’il s’agisse du développement économique ou des transports collectifs ».
Élu de l’Eure, à Vernon dans la grande Normandie, le Premier ministre Sébastien Lecornu ne pourra que se sentir conforté dans sa volonté de pousser une nouvelle étape de décentralisation, si son gouvernement survit aux errances budgétaires.
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Selon un autre sondage Ifop réalisé pour La Tribune Dimanche, la Normandie est l’une des régions qui obtient le plus fort pourcentage d’attachement de ses habitants, après la Bretagne, la région Sud (ex PACA) et Auvergne-Rhône-Alpes.« En moyenne, le taux d’attachement des Français à leur région est de 80 % », souligne Frédéric Dabi, directeur général de l’Ifop. « Le fait régional s’est imposé, à l’exception notable du Centre-Val-de-Loire encore à la traîne ».
Le temps des régions est donc bien venu, comme nous l’explique Carole Delga, la présidente de Région de France et de la région Occitanie. Mais les Français sont-ils pour autant vraiment prêts pour une organisation fédérale à l’image de celle expérimentée en Allemagne avec les Länder ou en Espagne ou en Italie. Frédéric Potier relativise : « la bataille de l’opinion est gagnée, mais le plus difficile sera de passer à l’acte » Pour aller vraiment plus loin dans la décentralisation et donner une réelle autonomie de décisions aux grandes régions française, il faudra vaincre encore l’inertie de l’État profond et changer la culture politique au sommet.
Reste que pour les Français, les régions sont bien désormais des « lieux de pouvoirs » : selon l’IFOP, 76 % souhaitent que les décisions soient prises à cette échelle, contre 16 % à Paris et… 3 % à Bruxelles. Ce résultat est probablement amplifié par le spectacle désolant donné par l’impuissance politique depuis la dissolution de juin 2024, souligne Frédéric Dabi.
Mais aussi par des raisons propres à chaque région : dans 10 régions sur 12, les Français, si déclinistes au niveau national, ont répondu que leur territoire est en expansion, signe d’une dynamique positive. Seuls Les Hauts-de-France et la Bourgogne-Franche-Comté souffrent encore de leur désindustrialisation, mais sont proches de la moyenne. Signe des temps, 78 % des électeurs du Rassemblement National se déclarent favorables à donner plus de pouvoirs aux régions, alors que le parti de Marine Le Pen continue de réclamer leur suppression !
Les présidents actuels des conseils régionaux, toutes et tous réélus lors des élections de juin 2021, bénéficient toujours, en 2025, à trois ans du prochain scrutin de 2028, d’un taux de satisfaction élevé de la part de leurs habitants. C’est particulièrement vrai du socialiste Loïg Chesnais-Girard en Bretagne (78 % de satisfaits), mais aussi du centriste Hervé Morin en Normandie (67 %).
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Tous, hormis Valérie Pécresse en Île-de-France et Franck Leroy en Grand Est, dont la popularité ne réunit qu’un habitant sur deux, sont à plus de 60 % d’opinion favorable. « Une preuve que la stabilité politique et la capacité à nouer des compromis à l’échelle locale sont appréciées des Français », note Frédéric Dabi. Un exemple à suivre par leurs collègues députés à l’échelon national ?