LA TRIBUNE DIMANCHE – Pourquoi avoir commandé ce sondage ?
HERVÉ NOVELLI – Le Cercle des entrepreneurs engagés, que j’ai lancé en octobre 2025, a souhaité réaliser cette enquête pour comprendre les causes de la colère des entrepreneurs et des dirigeants d’entreprise. Cette colère s’est déjà manifestée à plusieurs reprises, notamment face au mouvement « Bloquons tout » de septembre dernier. Elle traduit un sentiment d’obligation d’agir, alors que la majorité des difficultés qu’ils rencontrent ont désormais leur source à l’extérieur de l’entreprise, plutôt que dans des difficultés structurelles internes. Voilà pourquoi ils doivent s’exprimer hors de leur sphère et prendre toute leur part dans le débat public.
L’image de l’entreprise s’est améliorée dans l’opinion publique depuis quelques années. Pourquoi ?
La crise sanitaire, période où les entreprises ont dû s’arrêter, a paradoxalement souligné leur importance : sans elles, pas d’emplois, pas de salaires, pas de croissance ni de création de richesses. Un autre facteur repose sur les autoentrepreneurs, qui ont contribué à ce changement de perception : 2,5 millions de personnes ont cliqué sur ce statut, et beaucoup de Français souhaitent – sous une forme ou une autre – se mettre à leur compte. Les entrepreneurs et dirigeants d’entreprise ainsi que leurs salariés, avec l’ensemble de leurs communautés, représentent désormais une parcelle de l’intérêt général. Presque tous les pays ont intégré leur rôle irremplaçable. Moins en France, où nous continuons d’avoir une cause à défendre. Et des valeurs : la prise de risque, la vision, les initiatives… Il faut justement s’appuyer sur cette bonne image des entreprises pour rappeler des réalités dont on s’affranchit trop souvent dans notre pays. À commencer par celle-ci : pour qu’un État soit prospère, il faut des entreprises qui le soient aussi.