Pourquoi le réarmement démographique n’a pas eu lieu en France
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En 2025, la natalité a baissé de 2,1 % par rapport à 2024
LTD/ERIC GAILLARD/Reuters
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En 2025, la natalité a baissé de 2,1 % par rapport à 2024
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Il y a plus de deux ans, en janvier 2024, Emmanuel Macron avait promis dans une curieuse formule un « réarmement démographique » de la France. Mais rien ne s’est ensuivi. En 2025, la natalité a baissé de 2,1 % par rapport à 2024 et de 24 % par rapport à 2010, selon les chiffres de l’Insee. Il s’agit du plus faible nombre de bébés nés par an depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.
« Ça s’inscrit dans un mouvement général de désengagement, analyse l’économiste et psychanalyste Corinne Maier, autrice de Non merci. L’art heureux de se désengager (Éditions de l’Observatoire). On n’a pas de prise sur ce qui nous concerne, on ne sait pas vers où on va. Il y a une sorte de crise de l’avenir. »
En février, un rapport parlementaire prônait une « révolution » de la politique familiale en proposant notamment une allocation de 250 euros par mois dès le premier enfant, sans condition de ressource, ou encore un prêt à taux zéro pour acheter un logement dès la naissance. « Il y a un décalage toujours élevé entre le désir d’enfant et la réalisation de ce désir. Dans les freins, le logement est sans doute le plus important, note l’auteur du rapport, le député Horizons Jérémie Patrier-Leitus. Notre politique familiale est aujourd’hui illisible, incompréhensible, inefficace ».
Mais il y a aussi des raisons moins rationnelles à cette baisse constante de la natalité que les seuls leviers financiers. « Le désir d’enfant est tellement mystérieux que la politique doit être humble et répondre au désir d’enfant empêché », admet Jérémie Patrier-Leitus. En plus de l’augmentation de l’infertilité – aujourd’hui, un couple sur six rencontre des difficultés pour avoir un enfant –, de plus en plus de Français revendiquent de ne pas vouloir se reproduire.