La gestion de la dermatose nodulaire, qui affecte les bovins depuis un mois, tend les esprits. Le préfet des Pyrénées-Orientales appelle au calme et à « bien choisir » ses mots pour en parler.Pour la deuxième fois en une semaine, l’État par la voix du préfet Pierre Regnault de la Mothe, et la Chambre d’agriculture par la voix de sa présidente Fabienne Bonet, ont pris la parole sur l’épineux sujet de la dermatose nodulaire contagieuse. Détectée pour la première fois début octobre dans une estive de Valmanya, la maladie et sa gestion agitent les esprits dans les vallées des Pyrénées-Orientales tandis que les abattages des foyers épidémiologiques se poursuivent.
Le 7 novembre, onze cas avaient été détectés dans le département et un foyer restait à abattre alors que la vaccination approche de la totalité du troupeau départemental, soit plus de 15 000 bovins.
C’est bien autour de l’abattage que se cristallisent les ressentiments. En début de semaine un rassemblement largement médiatisé avait été organisé par « Stop au massacre, comité citoyen pour prendre soin des vaches, des humains… et des autres » sur la Nationale 116 à Thuès-entre-Valls pour tenter d’empêcher les vétérinaires de procéder à l’euthanasie d’un troupeau.
"Génocide", "collabos"
« Il se dit beaucoup de choses sur cette question et il va falloir faire attention aux mots employés, prévient Pierre Regnault de la Mothe, qui annonce avoir porté plainte après des menaces proférées à son encontre sur les réseaux sociaux. La stratégie mise en place pour contenir la maladie est qualifiée de "génocide", les éleveurs qui viennent aider leurs collègues dans ces moments difficiles traités de "collabos" : j’appelle tout le monde à bien choisir les mots employés dans ce contexte très délicat. »
Pour sa part, Fabienne Bonet confirme avoir saisi, conjointement avec les chambres d’agriculture de l’Aude et de l’Ariège, le ministère de l’Agriculture pour réclamer une vaccination étendue à l’ensemble de ces deux départements alors qu’elle est pour l’instant limitée aux zones de protection et de surveillance décidées par les services de l’État en fonction des règlements européens. S’il y a peu de chance, « malgré l’écoute du ministère » de voir les règles changer cet hiver, c’est bien 2026 qui préoccupe déjà les esprits.
« Même s’ils ne sont pas en phase avec toutes les règles, les éleveurs les appliquent en responsabilité », estime la présidente de la Chambre d’agriculture.