La primaire de la gauche semble de plus en plus compromise, et les Écologistes redoutent d’avoir à choisir entre les deux candidats.Devant une vingtaine d’enfants réunis mardi dernier au siège des Verts, Marine Tondelier interroge : « Qui est le président de la République ? ». Réponse de l’assistance : « Emmanuel Macron ! » « Eh bien, bientôt ce sera moi », réplique dare-dare la secrétaire nationale des Écologistes.
La candidate à l’encore très hypothétique primaire de la gauche voulait leur soumettre ses propositions sur l’enfance, dont l’interdiction des publicités pour les produits sucrés avant 21 heures à la télévision. « Mais moi j’aime bien les gâteaux », l’interpelle un petit garçon assis au premier rang. La question de la place des plus jeunes dans l’espace public est aussi évoquée. L’un d’entre eux prend le micro : « J’aimerais qu’il y ait des licornes dans la rue. »
Ce moment insolite, un peu hors du temps, a fait lever des yeux au ciel chez les Écologistes. Nombreux considèrent que l’urgence est ailleurs au regard de la situation de plus en plus critique du parti à moins d’un an de la présidentielle. Tout ce que redoutaient les Verts est en train d’advenir.
La primaire de la gauche est de plus en plus compromise à la suite du blocage du PS, et deux candidatures surnagent dans les sondages : Raphaël Glucksmann et Jean-Luc Mélenchon. Avec le risque que le parti au tournesol soit contraint de choisir entre les deux. « C’est un choix que personne n’a envie de faire », rapporte une députée Écologiste, alors que Raphaël Glucksmann est perçu comme trop centriste, et Jean-Luc Mélenchon comme trop clivant.