LA TRIBUNE DIMANCHE — Cinq jours après avoir démissionné, Sébastien Lecornu a de nouveau été nommé Premier ministre vendredi soir. Qu’est-ce que cela vous inspire ?
OLIVIER FAURE — Le sentiment d’un jour sans fin, le témoignage d’une déconnexion totale du chef de l’État qui se refuse au changement que les Français attendent. À chaque nomination, il tente de se succéder à lui-même, ce qui légitimement suscite lassitude, dégoût et colère de nos concitoyens.
Diriez-vous qu’il n’y a plus de rationalité à la tête de l’État ?
On peine à la trouver. Vous connaissez cette citation que l’on prête à Einstein : « La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent. »
Emmanuel Macron vous a-t-il appelé pour vous annoncer qu’il allait nommer Sébastien Lecornu, comme il l’avait fait la semaine dernière ?
Non.
Vous n’avez eu aucun échange avec le président ?
Si, bien sûr. Je l’ai vu vendredi après-midi, comme les autres chefs de partis. Il n’y a évidemment aucun deal. Si la rumeur a été lancée, j’imagine que c’est pour rassurer les éventuels futurs ministres qui peuvent s’inquiéter de ne le rester que quelques heures. Je lui ai dit en face ce que j’avais à lui dire. Et je n’ai pas changé d’avis depuis. Rien n’est clair, nous avons un président de la République qui s’est refusé à nommer la gauche alors même qu’elle était arrivée en tête des élections législatives l’an dernier, que nous avons montré que nous étions prêts à bâtir des compromis en acceptant de gouverner sans 49.3 et que nous avons présenté un contre-projet qui avait le mérite de montrer un autre chemin, où ceux qui paient la facture de la dette sont les milliardaires qui ont profité au-delà de toute décence des huit années de macronisme.