Cela faisait quelque temps qu’ils se toisaient. Lundi, Marine Le Pen a eu un entretien privé au domicile de Vincent Bolloré. C’est sa première rencontre avec le milliardaire breton, dont le groupe de médias se fait la caisse de résonance quotidienne de la rhétorique frontiste. Jordan Bardella, président du parti à la flamme et édité chez Fayard, maison passée sous pavillon bolloréen, a eu droit à son tête-à-tête au printemps 2024.
Avec la fille de Jean-Marie Le Pen, jugée trop étatiste par l’homme d’affaires, la prise de contact a été négligée. Ce temps est révolu. Confirmé à La Tribune Dimanche par le cabinet de la cheffe des députés RN, le rendez-vous incluait François Durvye, bras droit du milliardaire Pierre-Édouard Stérin, désormais proche conseiller de Marine Le Pen. Sollicité, le directeur général du fonds d’investissement Otium n’a pas voulu détailler le contenu de leurs échanges. Trois jours plus tard, le RN votait pour censurer Sébastien Lecornu et inciter, espérait-il, Emmanuel Macron à convoquer des législatives anticipées.
Pour le lancement de son deuxième ouvrage, Ce que veulent les Français (éditions Fayard), compilation d’une vingtaine de portraits de citoyens avec lesquels il s’est entretenu, Jordan Bardella tiendra le 28 novembre un cocktail au Théâtre Marigny, dans le 8e arrondissement de Paris. Dans ce lieu cossu qui fleure bon la jet-set seront conviés les parlementaires du Rassemblement national et leurs alliés ciottistes. L’ancien garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti, bête noire du RN, y produit encore son one-man-show J’ai dit oui !