« Seul contre tous » : Éric Dupond-Moretti, au comptoir comme à la barre
Rémi Jacob

Dans « Seul contre tous », Éric Dupont Moretti débat dans un restaurant parisien avec quatre personnalités politiques.
LTD/Julien THEUIL/M6
Rémi Jacob

Dans « Seul contre tous », Éric Dupont Moretti débat dans un restaurant parisien avec quatre personnalités politiques.
LTD/Julien THEUIL/M6
Le concept est diablement efficace ! Dans l'émission Seul contre tous, diffusée ce lundi à 21 heures sur Paris Première, Éric Dupond-Moretti débarque de nuit dans un restaurant de la capitale. Pas pour y dîner mais pour causer politique avec quatre personnalités dont il ignore l'identité avant de pénétrer dans l'établissement. Au menu, une discussion sur la chasse avec Aymeric Caron, puis sur le féminisme et la déconstruction avec Sandrine Rousseau, avant d'embrayer sur la sécurité avec Sarah Knafo et de finir avec Robert Menard autour de cette question aux allures de sujet de bac philo : la justice est-elle politisée ?
« On m'avait prévenu des thèmes en amont donc j'avais quelques idées sur mes potentiels interlocuteurs, confie Éric Dupond-Moretti. Sur la chasse, je me doutais que ça serait Aymeric Caron. En revanche, sur la sécurité, je pensais voir débarquer Jordan Bardella et j'ai été très surpris quand j'ai vu en face de moi Sarah Knafo. »
À la clé, des échanges courtois et de bonne tenue malgré l'absence de modérateur mais tout de même ponctués de quelques moments électriques, comme avec Aymeric Caron. « Il est d'une radicalité totale », glisse l'ex-ministre. Un échange qui se conclut par une invitation réciproque : un barbecue végan chez Aymeric Caron et une partie de chasse avec Éric Dupond-Moretti. Chiche ?
Si le format tient ses promesses, c'est grâce au talent oratoire de celui que l'on surnommait Acquitator dans les prétoires et dont la personnalité ne laisse personne indifférent, comme l'explique le producteur. « C'est quelqu'un de très clivant, on l'aime ou on le déteste. C'est d'ailleurs la même chose pour les responsables politiques qu'on a mis en face de lui. Éric Dupond-Moretti a eu plein de vies. Depuis qu'il a quitté le gouvernement, il a retrouvé sa liberté de parole et il se lâche complètement. »
L'intéressé assure de son côté avoir été séduit par la possibilité de s'exprimer sur un temps long, chaque joute durant une trentaine de minutes. « Lors des questions au gouvernement, on a seulement deux minutes pour s'exprimer sur des sujets extrêmement complexes et sérieux. Dans l'hémicycle, on a l'impression d'être au stade Vélodrome, avec des cris qui fusent de partout. On vit dans une époque de radicalité où la nuance a totalement disparu. Par les temps qui courent, ce qui est consensuel intéresse beaucoup moins que ce qui ne l'est pas. Cette émission était pour moi une belle occasion de faire de la pédagogie et d'expliquer un certain nombre d'actions qui ont été mal comprises pendant mon mandat. »
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Le lieu de tournage atypique l'a également convaincu. « C'est très intimiste, un bistrot, et puis c'est la vie ! On n'est pas séparés par une table qui fait quatre mètres de long. C'est beaucoup plus chaleureux qu'un plateau télé et évidemment moins fastueux qu'un bureau ministériel. »
Sur la forme, les téléspectateurs apprécieront également l'atmosphère nocturne qui se dégage du programme et n'est pas sans rappeler l'esprit de Paris Dernière, émission qui fut animée entre autres par Thierry Ardisson, Frédéric Taddeï et Xavier de Moulins. A-t‑il été payé pour y participer ? « Non », affirme l'ancien garde des Sceaux, qui glisse au passage avoir divisé ses revenus par 14 quand il a été nommé au gouvernement en 2020. « J'ai accepté car je pensais pouvoir bouger certaines lignes de la justice de mon pays. »
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En cas de succès, le programme pourrait connaître un deuxième round. En attendant, Éric Dupond-Moretti poursuit son seul en scène J'ai dit oui ! au Théâtre Marigny avec de nouvelles dates en juin, avant une tournée en province. Il termine également l'écriture d'un livre avec Marc-Olivier Fogiel dans lequel il reviendra sur ses années passées Place Vendôme.
Rémi Jacob