Si ça se complique même avec Valeurs actuelles... Ces jours-ci, en privé, Jordan Bardella peste contre l'hebdomadaire réac. « C'est gonflant, je vais arrêter les interviews en presse écrite », râle celui dont le dédain pour les journalistes politiques va croissant. En cause, la une datant du 29 mai, où le président du Rassemblement national pose seul, derrière le titre « Objectif 2027 ». Il sait que Marine Le Pen va tiquer. Elle a toujours méprisé le newsmag national-libéral, lui reprochant de se vouer au premier « droitard » venu.
Son poulain colle à la ligne éditoriale et a fait la couverture quatre fois en un an. La patronne des députés RN ne découvre rien et Jordan Bardella, dans le texte, ne manque jamais de déférence. Sauf que la présidentiable, c'est toujours elle. Or, depuis sa condamnation du 31 mars dans l'affaire des assistants parlementaires européens du vieux Front, l'élue du Pas-de-Calais juge les médias bien prompts à l'enterrer.
Là, VA, c'est trop. Et lorsque, le même jour, Marine Le Pen explique depuis la Nouvelle-Calédonie qu'elle n'est « pas sûre que Jordan [...] connaisse très bien les problématiques » de l'archipel, le barouf est inéluctable. Recadrage ou colère mal dirigée, peu importe. L'image est mauvaise. Et pourquoi répondre, comme l'a fait l'eurodéputé, qu'au contraire il connaît « très bien les dossiers ultramarins et notamment le dossier de la Calédonie française » ?
Sont-ce des proches qui le lui ont suggéré, alors que la cheffe fait de ce sujet une marque de sa stature élyséenne ? « Les "entourages" ont bon dos, balaie un poids lourd du RN, si tu n'es pas d'accord avec tes conseillers, tu les envoies chier, point barre. Là, dans ce à quoi on assiste, il n'y a que de l'humain. Rien n'est rationnel. »