2025, l’année désenchantante. L'édito de Bruno Jeudy

Dans son éditorial, Bruno Jeudy fait le tour d'horizon de l'année 2025 en France en cette fin d'année.
LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI

Dans son éditorial, Bruno Jeudy fait le tour d'horizon de l'année 2025 en France en cette fin d'année.
LTD/CYRILLE GEORGE JERUSALMI
Si 2024 fut pour les Français une année de montagnes russes – exaltation collective portée par la colère sourde après une dissolution mal inspirée et des divisions politiques stériles puis par la parenthèse enchantée des Jeux olympiques de Paris –, 2025 restera comme celle de l’atonie.
Une France fatiguée, gagnée par la morosité, s’est installée dans le rôle peu enviable de spectatrice résignée. Les passions tristes ont repris le dessus, nourries par le sentiment persistant que nos dirigeants sont incapables d’enrayer le déclin du pays et, plus encore, de fédérer pour réformer un État à bout de souffle.
Le contraste est saisissant avec l’Amérique de Donald Trump, tonitruante, brutale, parfois erratique, mais débordante d’énergie. D’un côté, un locataire de la Maison-Blanche qui occupe l’espace impose son tempo, quitte à choquer. De l’autre, un président français entravé, impopulaire, presque effacé. Emmanuel Macron, en fin de règne crépusculaire, semble déjà relégué aux marges de l’histoire politique. L’homme qui promettait le dépassement est devenu, de manière presque caricaturale, l’incarnation de l’aboulie et de la procrastination.
Lors de ses vœux de décembre 2024, il avait juré « une année d’action, une année utile ». Douze mois plus tard, le constat est sévère. Les Français devaient être consultés directement pour trancher les grands choix à venir. Référendum sur la fin de vie ? Non. Sur l’interdiction des réseaux sociaux aux plus jeunes ? Non plus. Sur les retraites et les déficits, évoqué par François Bayrou ? Toujours pas. Le pamphlétaire Jonathan Swift avait raison : « Comme la croûte des pâtés, les promesses sont faites pour être rompues. »
Si le chef de l’État a largement contribué à entretenir la défiance, son Premier ministre, Sébastien Lecornu, dernier avatar du macronisme, suscite une curiosité prudente. Sans être populaire, ce Normand méthodique a su stabiliser le bloc central, contenir les frondes et s’appuyer, au besoin, sur les socialistes pour éviter la censure et une nouvelle dissolution. Gouverner sans budget reste une anomalie, mais survivre est déjà une performance.
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L’année a aussi vu le retour en grâce d’une vieille garde politique. Jean-Louis Borloo, Bernard Cazeneuve, Dominique de Villepin, Philippe de Villiers occupent l’espace médiatique comme si la nostalgie avait retrouvé des couleurs. François Hollande et Nicolas Sarkozy, eux, n’ont jamais vraiment quitté la scène, hantant les coulisses, rêvant d’influencer l’acte suivant. Face à eux, les prétendants déclarés ou pressés – Édouard Philippe, Bruno Retailleau, Gabriel Attal, Jordan Bardella – peinent à incarner autre chose que l’impatience et le calcul.
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« Les Français, où qu’ils le cherchent, ont besoin de merveilleux », écrivait le général de Gaulle. Ils ne l’ont pas trouvé dans les polémiques factices de 2025, mais ailleurs : dans les exploits du PSG, les victoires de la championne cycliste Pauline Ferrand-Prévot, les performances du sympathique coureur à pied Jimmy Gressier, l’éclat du basketteur Wembanyama en NBA, ou encore dans les prix Nobel de Michel Devoret et Philippe Aghion. Preuve que, malgré tout, l’espoir n’a pas totalement déserté la France.