La première est encartée chez Horizons après avoir milité à l’UDI, le deuxième se déclare « divers gauche » après avoir été au PS. Maires expérimentés, Laurence Porte (à Montbard) et Christophe Bouillon (à Barentin), qui est également président de l'Association des petites villes de France (APVF), ne se sentent pas concernés par la crise des vocations.
LA TRIBUNE DIMANCHE – À quoi ressemble votre petite ville en pleine campagne à Montbard, ou à proximité immédiate d’une métropole comme Barentin ?
LAURENCE PORTE – Montbard est une commune de 4.700 habitants où déclin naturel et désindustrialisation se juxtaposent depuis quarante ans. Nous conservons un pôle métallurgique moteur avec des fleurons comme DMV et Framatome. La moitié des centrales nucléaires dans le monde sont équipées de tubes produits chez nous – c’est une fierté – mais, du fait d’un faible taux de chômage sur le bassin d’emploi, les entreprises peinent à recruter. La population est vieillissante et les métiers de l’industrie n’attirent pas assez. Ville-centre par ses nombreux services, Montbard joue aussi le rôle attendu d’une ville moyenne, bien que la lutte soit inégale avec une métropole, Dijon, qui par nature aspire habitants, richesses et savoirs. Nous nous sommes retrouvés en finale d’un appel à projets pour accueillir les réserves du Muséum national d’histoire naturelle, une institution héritière des célèbres naturalistes Buffon et Daubenton, natifs de Montbard. Dijon l’a emporté. Je jette l’éponge sur ce type d’appel à projets « pot de terre contre pot de fer » avec le sentiment d’avoir juste servi de caution de petite ville.
CHRISTOPHE BOUILLON – Barentin, qui était une cité ouvrière, compte 12.500 habitants contre 11.000 il y a dix ans. Il y a dix écoles, deux collèges et deux lycées. Le textile a périclité dans les années 1970 du fait de la concurrence chinoise, mais la chocolaterie Ferrero, implantée depuis 1959, est restée avec 500 emplois. La zone commerciale de 220 enseignes emploie, elle, 2.800 personnes et recense 5 millions de visiteurs annuels. Avec malgré tout un parc naturel de 17 hectares en centre-ville.