Se loger en France (8/10) : Bordeaux Métropole, le temps des plus petites villes

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La densification est bien accueillie à Bordeaux, mais pas forcément dans les autres communes de la métropole.
La densification est bien accueillie à Bordeaux, mais pas forcément dans les autres communes de la métropole. (Crédits : iStock)
Bordeaux Métropole vient de lancer une réflexion sur le développement de ses 27 autres communes afin de surmonter de sérieuses tensions liées à la densification de l'habitat.

« Ce 27 février, nous avons porté Bordeaux 2050 sur les fonts baptismaux, nous avons lancé la réflexion. Parce que Bordeaux 2030 est un projet arrivé à maturité. Maintenant il faut réintégrer les 27 autres communes de la métropole. #BM2050 c'est un nouveau chapitre, beaucoup plus métropolitain qui s'ouvre », déroule Jacques Mangon, maire de Saint-Médard-en-Jalles, vice-président de Bordeaux Métropole chargé de l'urbanisme réglementaire et de la stratégie foncière.

Lancer un exercice de réflexion concernant Bordeaux Métropole en 2050, parce que 2030 c'est fini, n'est pas aussi surprenant que ça. Présenté devant 300 personnes à l'Arena, à Floirac, cet exercice de réflexion collectif, #BM2050, doit s'achever par la présentation, en mars 2019, de plusieurs scénarios possibles sur l'évolution de la métropole. Une démarche présentée par Alain Juppé, maire de Bordeaux, président de Bordeaux Métropole, en compagnie notamment de l'architecte et urbaniste Djamel Klouche.

« Bordeaux 2030 c'est déjà là », confirme Jean-Marc Offner, directeur général de l'A'urba (Agence d'urbanisme Bordeaux Métropole Aquitaine).

« On voit bien naître les quartiers nouveaux et se mettre en oeuvre une sorte de dilatation de la ville, qui sort de son centre historique avec l'émergence d'écoquartiers comme les Bassins à flot, bientôt Brazza, sur la rive droite, et Euratlantique, qui déborde de Bordeaux sur Bègles et Floirac. »

"Nous devons densifier la population"

Artère métropolitaine de la mobilité, le tramway, avec son réseau de 66 kilomètres de voies - 77 en 2019 avec la livraison de la ligne D - est typiquement à l'avant-garde de ce Bordeaux 2030. Accompagné par le redéploiement des lignes de bus, l'offre métropolitaine de location de vélos ou encore la traversée de la Garonne en navettes fluviales hybrides.

Et puis il y a les écoquartiers, en particulier avec leurs bâtiments à basse consommation d'énergie, voulus par Alain Juppé dans son « arc de développement durable ». Sans oublier le programme des 50.000 logements. Un projet à dominante sociale à construire le long des voies de tramway, qui démarre avec quelques difficultés.

« Sur chaque opération publique, nous sommes à plus de 50 % d'offre sociale, avec l'accession aidée. Car Bordeaux doit rattraper son retard. C'est pour cela que nous devons densifier la population, à Bordeaux et dans la métropole, pour combler notre retard et faire face à l'arrivée d'une nouvelle population », éclaire Michel Duchène, adjoint au maire de Bordeaux, vice-président de Bordeaux Métropole chargé des grands projets d'aménagement urbain.

Stratégie anti-béton

Cette question de la densification est l'une des bombes à retardement que va devoir désamorcer la métropole bordelaise. Si elle ne pose pas de problèmes à Bordeaux, où dominent les grandes opérations immobilières concertées, il en va différemment dans les autres communes métropolitaines.

Jacques Mangon a été élu à Saint-Médard-en-Jalles aux municipales de 2014 et a fait gagner à la Métropole la coalition de droite et du centre emmenée par Alain Juppé grâce à une stratégie anti-béton qui a fauché la plupart des maires socialistes, qui voulaient construire des logements. Une ligne politique qui a provoqué la bronca des promoteurs immobiliers. Alain Ferrasse, président de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) d'Aquitaine Poitou-Charentes, n'a eu de cesse de dénoncer les agissements de ces nouveaux élus portés par des électeurs que la perspective d'une métropole à 1 million d'habitants effraie. Un début de résolution de cette tension se trouve peut-être dans la charte du Bien construire, signée le 7 février dernier par la Métropole, la FPI régionale, les architectes ou encore les constructeurs.

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Commentaires
a écrit le 16/03/2018 à 8:15 :
Au lieu de se regrouper entre elles, les villages et petites villes se sont laissées absorber par les gros furoncles adipeux que sont les grandes villes, et vont commencer a comprendre leur erreur...
Les centres urbains commencent vraiment à ne plus savoir où mettre leur population et détritus de toutes natures, ça déborde. Maintenant qu'elles ont légalement pris le contrôles de petites villes qui sont totalement sous leur emprise, elles vont pouvoir organiser ces futur ex petites villes tranquilles en ghettos, décharges, centres de traitement, de tous poils, pour se débarrasser de tout ce qui ne leur plait pas dans leur joli centre piétonnier totalement improductif :-)
Bravos les "petits élus" ...
a écrit le 15/03/2018 à 17:50 :
Les provinciaux en ont marre de ne lire que des articles sur Paris ou sur la région parisienne!
a écrit le 15/03/2018 à 16:55 :
Hier soir j'étais pour la première fois depuis un certain temps dans le quartier de Bassin à flots.
Et j'étais très triste de voir ce qui se ressemble à des ghettos dans cet endroit qui aurait pu être si magnifique. Dans 10 ans cela ne faudra plus grande chose et surtout ça sera un vrai endroit à problèmes. Quelle occasion ratée!

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