La saison touristique en cours est-elle vraiment un mauvais cru ? Dans les centres-villes, les terrasses sont vides, s'inquiètent certains. Près des plages, les commerçants n'attirent pas autant que les années passées, regrettent d'autres. « C'est très mitigé, confirme Franck Chaumès, président de l'Umih restauration. Selon les régions, la fréquentation des restaurants a baissé de 15 à 20 % cette année. » En cause ? Un budget plus serré. Selon un sondage OpinionWay pour Liligo paru en mai, les Français prévoyaient de dépenser 74 euros de moins par personne qu'en 2024.
Pourtant, ils ne sont pas moins nombreux à partir en vacances : 61 % d'entre eux comptaient changer d'air cet été. Un chiffre en légère hausse par rapport à 2024. Pour une poignée de sites très prisés, la menace du surtourisme reste donc palpable. L'île de Bréhat (Côtes-d'Armor) a mis en place pour la troisième année d'affilée une jauge limitant le nombre de touristes. Porquerolles (Var) et la calanque de Sugiton (Bouches-du-Rhône) ont fait de même, incitant les visiteurs à réserver.
Cet élan réglementaire face au risque de surfréquentation s'observe aussi dans certaines villes. En juin, la mairie d'Annecy (Haute-Savoie) a serré la vis face à la prolifération des meublés de tourisme. Un quota plus strict a été instauré. Une évolution permise par une loi transpartisane adoptée à l'automne dernier dont l'objectif affiché est de répondre à la crise du logement. De leur côté, Cannes et Nice (Alpes-Maritimes) ont restreint la possibilité pour les grands paquebots de croisière d'accoster ou de stationner dans leurs baies.