La métamorphose d'Arthur : d'amuseur en chef à porte-voix de la cause juive en France
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Arthur Essag, à Paris, le 25 septembre 2025.
LTD/Cyrille George Jerusalmi
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Des hommes armés veillent la nuit chez lui et font des rondes. Le jour, trois mastards ne le lâchent pas d’une semelle. Des vitres blindées protègent ses bureaux. C’est lui qui paie pour tout ça – il a refusé la protection gouvernementale – mais c’est le ministère de l’Intérieur qui choisit ses gardes du corps. « Parce qu’ils ont des guns », précise Arthur en soufflant la bougie qui trône au centre de la table en pierre autour de laquelle il nous reçoit.
Le cours de sa vie a changé le 7-Octobre. Ou plus exactement le 23 novembre 2023. Ce matin-là, celui qui a fait carrière – et fortune – dans le divertissement a dit « je » et « Juif » au micro de Sonia Devillers sur France Inter. « Elle m’a invité pour parler d’une nouvelle émission de télévision. Rien de plus. […] L’interview a vrillé. Inattendue. Frontale. Je me suis retrouvé à parler de peur. D’angoisse. De douleur. »
« À dire, à voix haute, ce que vivent les Juifs de France depuis le 7-Octobre. À nommer cette montée d’antisémitisme déchaîné dans les rues, sur les murs, dans les regards. Les affiches de bébés qu’on arrache. À parler de ce mutisme, parfois complice. De ce déni qui déjà s’installe. De cette sidération. Je n’avais pas prévu ça. Mais c’est sorti », écrit-il dans le livre – fort, très, et touchant, très très – qui paraît mercredi, J’ai perdu un bédouin dans Paris. Trois cents pages qui halètent, qui tremblent, qui cognent. Le sujet : « son » 7-Octobre, le silence qui a suivi, le sentiment d’abandon des Juifs.
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