« Le club garde ouvertes toutes les options sans en privilégier une » : à Paris, l’avenir du Parc des Princes n’est pas encore joué

Le Parc des Princes, chef-d'œuvre technique des années 1970.
LTD/Philippe Lecoeur/FEP/Icon Sport

Le Parc des Princes, chef-d'œuvre technique des années 1970.
LTD/Philippe Lecoeur/FEP/Icon Sport
« Il y a 99,9 % de chances que le PSG reste au Parc. » L’affirmation d’Emmanuel Grégoire au micro de RMC, fin avril, a retenti comme un coup de sifflet final. De la part du maire de Paris, supporter du club, c’est de bonne guerre. Mais très exagéré. Le rendez-vous fixé ce 1er juin à 10 heures à la mairie de Poissy le démontre.
Le directeur général du PSG, Victoriano Melero, participe à un comité de pilotage sur le projet de stade dans la commune des Yvelines, avec la sous-préfète et des élus locaux. Des réunions identiques se tiennent à Massy (Essonne), autre site exploré. « Le club garde ouvertes toutes les options sans en privilégier une, la décision ne sera pas seulement affective », assure un expert récemment consulté par le PSG.
Un stade de 80.000 à 90.000 places, entouré d’un complexe commercial, générerait des ressources incomparables, précieuses pour le fair-play financier. « La billetterie seule pourrait rapporter plus de 100 millions d’euros supplémentaires », pointe le député des Yvelines Karl Olive.
L’architecture du Parc des Princes, chef-d’œuvre technique des années 1970, ne permet pas de rêver si grand. Avec des tribunes plus inclinées et des espaces optimisés, « on peut créer 8 000 places de plus, peut-être 10.000 », assure David Alphand, élu du 16e arrondissement. Soit 58.000 places au maximum. Tous les acteurs réfléchissent pour éventuellement compenser ce manque à gagner.
L’assurance d’Emmanuel Grégoire s’explique également par le fait que, malgré les tensions géopolitiques, les propriétaires qatariens n’ont pas encore de problèmes de fin de mois. Ils mesurent par ailleurs l’attachement des supporters et du public VIP au Parc des Princes, ainsi que leur réticence à se rendre en banlieue.
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Des enquêtes internes, jamais publiées, l’auraient confirmé. Agrandir le Parc reste donc une option crédible, d’autant qu’il génère déjà des revenus record : 177 millions d’euros en 2024-2025. Seul le Real Madrid a fait mieux avec son nouveau Bernabéu.
Mais pour amortir des centaines de millions d’euros de travaux, le PSG réclame de la visibilité : une vente ou au minimum un bail de 99 ans. Anne Hidalgo avait refusé, Emmanuel Grégoire a ouvert grand la porte. Le chiffre de 60 millions d’euros a circulé, en attendant l’estimation des domaines, en cours.
David Alphand, partisan de toujours du maintien au Parc, s’inquiète : le Parc ne vaut rien sans le PSG mais représente pour lui une valeur patrimoniale immense. Une sous-évaluation léserait les Parisiens. Une surévaluation mènerait à une impasse.
Reste un dernier obstacle : le temps. Le projet concerne aussi les abords du stade – piétonnisation, végétalisation, couverture partielle du périphérique, commerces, sécurité. Autant de sujets susceptibles de déclencher des recours. À Poissy, une loi d’exception avait accéléré les travaux du centre d’entraînement. Signé en 2016, il a ouvert en 2024. Au Parc, sans dispositif comparable, le chantier pourrait prendre dix ans, peut-être davantage. Le PSG sera-t-il prêt à attendre aussi longtemps ?