Carlisle United est bien placé pour disputer les barrages de promotion en League Two, le quatrième niveau du football anglais, à la fin de la saison, et cela nous ferait une belle jambe si la jambe en question n’appartenait pas à un CV ronflant. Mark Hughes est assez apprécié de tous les supporters de Manchester, qu’ils portent du rouge ou du bleu.
Attaquant de United pendant treize saisons, entre 1980 à 1995 (entrecoupées de courts séjours à Barcelone et au Bayern Munich), il marqua environ 200 buts et remporta 10 trophées. Avant d’entraîner City en 2008-2009, la première saison après le rachat par Abou Dhabi, et d’être viré. C’est bien le même homme qui, depuis bientôt un an, dirige ces amateurs à 15 kilomètres au sud de la frontière avec l’Écosse. De son plein gré.
Qui fait carrière dans le football n’a aucune raison de s’arrêter à Carlisle. À moins d’en partir très vite, ce qui fut le cas de Bill Shankly au début d’un parcours d’entraîneur qui en fit la figure séculaire de Liverpool. Hughes, lui, n’avait plus rien à prouver lorsque les propriétaires américains lui ont proposé ce drôle de job. En Premier League, six entraîneurs seulement ont dirigé plus de matchs que lui. Après seize mois de chômage, à 62 ans, il n’avait pas mieux à faire, comme il l’a raconté à la BBC, que de « gesticuler sur le bord du terrain comme un idiot ». Avoir à choisir entre les parcours de neuf ou treize heures au club de golf ne remplissait pas ses journées.