Lauréat en 2015, le Suisse se fraie une place en tant que producteur de films. Sur le court, c’est sa dernière séance.« Ça me fait marrer. » Voilà ce qu’a dit Stan Wawrinka quand on lui a appris l’existence d’une fiche à son nom sur AlloCiné, site référence des choses du 7e art. Évidemment bien moins fournie que celle de l’ATP, elle indique « quatre ans de carrière ». Métiers : « Acteur, producteur associé, coproducteur. » Archives photo un peu minces : le CV ciné est illustré avec un cliché laissant deviner, sous le col de la chemise blanche, les anses du trophée de Roland-Garros. Lendemain d’un dimanche de rêve, en 2015 face à Novak Djokovic, pour le deuxième de ses trois Majeurs – avec l’Open d’Australie 2014 et l’US Open 2016.
Le décalage n’est pas total. L’aventure en milieu artistique a, d’une certaine façon, pris racine dans la terre battue parisienne. Finale 2017 : tandis qu’il se fait concasser par Rafael Nadal, en tribunes un certain Kev Adams se lève et braille ses encouragements. Wawrinka ne peut pas passer à côté. Contact noué dans la foulée et complicité naissante, deux ans après, à la suite d’une invitation de l’humoriste à son spectacle.
Puisque les échanges deviennent réguliers, Wawrinka a vent de Maison de retraite, comédie coécrite par son ami, plombée peu avant le tournage par le retrait de financements. Le tennisman lit son premier scénario et, cette fois, c’est lui qui vient supporter, chéquier en main.
Même si le Covid se met en travers de la route, non seulement le film voit le jour – avec Gérard Depardieu et Mylène Demongeot au casting – mais il cartonne. Plus de 2 millions d’entrées en France (2022). Ferveur et prolongements : la suite aimante 1,5 million de spectateurs et le filon est exploité jusqu’à la série (cette année sur TF1). « Mon histoire avec le cinéma a commencé de façon spontanée avec Kev, mais ensuite en étant un peu plus réfléchi. » L’ex-3e mondial a ainsi monté sa société de production, The Man Prod., en s’appuyant sur un surnom familier des fans de tennis (Stan the Man).