Les régions Grand Est et Nouvelle-Aquitaine misent beaucoup sur le biogaz pour décarboner les trains des petites lignes. Elles souhaitent changer la motorisation des rames pour prolonger leur durée de vie, ce qui crée pas mal de défis.
Des trains qui carburent au biogaz plutôt qu'au diesel. Une nouveauté imperceptible pour l'usager, mais un changement bienfaiteur pour le climat. Sur le réseau français, 50 % des voies ne sont pas électrifiées et le chiffre grimpe même à 85 % pour les lignes de dessertes fines du territoire. 3 000 trains roulent encore au diesel dans les régions. À la tête d'un réseau qui carbure majoritairement à l'énergie fossile, le Grand Est et la Nouvelle-Aquitaine ont envie de gaz vert.
La première vient de finaliser des études de faisabilité dans l'optique d'une remotorisation de ses rames grande capacité tandis que la seconde lancera en début d'année prochaine un appel d’offres pour reconvertir une petite rame diesel en rame biogaz. Si la démarche s'inscrit évidemment dans la stratégie de décarbonation des transports, les régions y voient aussi une opportunité pour faire des économies.
Les trains concernés (les modèles X76500 et X73500) arrivent en fin de vie, alors pour éviter de tout envoyer à la casse et racheter des matériels neufs, le changement de motorisation, appelé aussi retrofit, s'impose comme une alternative rentable.
Selon un rapport de l'Ademe paru en 2023, le coût d'entretien sur 20 ans d'une rame fonctionnant au biogaz est 12 à 24 % moins élevés que celui en vigueur dans le parc actuel. Un gain potentiel loin d'être anecdotique pour la région du Sud-Ouest qui dispose d'une cinquantaine de trains courts éligibles. « Elles s'éteindront dans dix ans si on ne fait rien », évoque Mathieu Kurzenne, chargé de mission pour la région Nouvelle-Aquitaine.
Le prototype issu de l'appel d'offres permettra de tester la motorisation au biométhane sur l'étoile ferroviaire de Limoges d'ici à la fin de la décennie, pour des trajets de plus de 100 kilomètres où un train électrique ne suffirait pas. « Les études disent que ça peut fonctionner mais rien n'est prouvé tant qu'on n'a pas un prototype. C'est une étape cruciale avant de décider si on passe à l'industrialisation », prévient-il.
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