Médicaments : en difficulté, le fabricant Euroapi enterre son projet en Normandie
Emilie Valès
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Euroapi continue de rationaliser son portefeuille, stoppant la fabrication de principes actifs pharmaceutiques aux marges faibles ou négatives au profit de produits rentables.
Hal Gatewood - Unsplash
Le spécialiste des principes actifs pour l'industrie pharmaceutique projette une baisse de 10% de son activité en 2026. L’ex-filiale de Sanofi compte accélérer sa restructuration et stoppe son projet d'augmenter les capacités de production de la vitamine B12 à Saint-Aubin-lès-Elbeuf.
Le chemin s’annonce encore long et périlleux pour Euroapi. Le spécialiste des principes actifs pour l'industrie pharmaceutique reconnaît que l'objectif de performance opérationnelle du groupe « ne sera pas atteint en 2027 » et que 2025 a été difficile. L’entreprise a vu ses revenus chuter de 7 %, à 848 millions d’euros l’an dernier, pénalisés par la forte concurrence asiatique et par une baisse de 26,4 % des ventes à Sanofi, son ancienne maison-mère dont elle cherche à réduire sa forte dépendance.
La perte nette s'est sensiblement creusée pour atteindre 211,2 millions d’euros (contre 130,6 millions d’euros en 2024).
Et Euroapi n’est guère plus optimiste pour l’année en cours. L'entreprise projette une nouvelle baisse de 10% de son activité pour 2026 en raison de «l'impact négatif de la rationalisation du portefeuille, de l'arrêt de contrats et d’une pression concurrentielle qui continuera de s’accentuer».
Dans ce contexte, l’entreprise entend accélérer sa transformation. Dans le cadre de son plan Focus-27 lancé en 2024, elle rappelle avoir réduit son empreinte industrielle avec la cession de son site de Haverhill au Royaume-Uni (cédé à Particle Dynamics en juin) et la mise en pause d’un atelier du site de Francfort.
« Nous avons appliqué une discipline financière stricte et des mesures de contrôle des coûts qui se sont avérées efficaces », précise David Seignolle, directeur général d’Euroapi.
Les marges se redressent. L’Ebitda s'est amélioré, en passant de - 43,6 millions d'euros à 9,9 millions d’euros.
Le groupe a aussi rationalisé son portefeuille, stoppant la fabrication de principes actifs pharmaceutiques aux marges faibles ou négatives au profit de produits rentables, avec une « forte barrière à l’entrée» (prostaglandines, corticostéroïdes, opiacés…). En 2025, « 66% des ventes de l’offre catalogue d’APIs (ingrédients pharmaceutiques actifs, ndlr) ont été générées par des produits différenciés », précise le groupe dans un communiqué.
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