Malgré les déclarations enthousiastes des politiques par le passé, la filière de l'hydrogène vert ne tiendra clairement pas ses promesses. Pas de quoi freiner les ardeurs du nantais Lhyfe qui devient le plus grand producteur d’hydrogène certifié d’Europe par électrolyse de l’eau.Ces derniers mois, les mauvaises nouvelles se sont multipliées sur la filière de l’hydrogène vert qui tarde clairement à prendre son envol. Plombée par de nombreux facteurs, notamment le coût élevé d’une électricité décarbonée nécessaire en grande quantité, elle peine à être compétitive. Résultat : la demande n’est pas là même si le secteur tend à gagner en maturité. Des projets sont donc suspendus voire abandonnés. Mais certains industriels, qui ont fortement investi dans la filière, veulent croire à un avenir meilleur alors que la réussite de la décarbonation industrielle et de mobilité lourde passera nécessairement par l'hydrogène.
Pour rappel, l’hydrogène vert est un hydrogène produit par électrolyse de l’eau, grâce à de l’électricité issue de sources renouvelables (solaire, éolienne, hydraulique), sans émissions de CO₂.
Des projets continuent de sortir de terre. C’est notamment le cas près du Havre (Normandie) où Air Liquide va produire de l’hydrogène à partir d’électricité renouvelable grâce à un électrolyseur à grande échelle, à compter de début 2026. En Loire-Atlantique, la conjoncture est également au beau fixe pour le nantais Lhyfe. Après avoir récemment débloqué 149 millions d'euros de subventions dans le cadre du projet Green Horizon en Normandie, le pionnier français de l'H2 vert annonce aujourd'hui « une étape clé », dixit Matthieu Guesné, le fondateur et président de Lhyfe qui n’a pas répondu pour l'heure aux sollicitations de La Tribune.
Quatrième site certifié
Après Bouin en Vendée, en mai dernier, ses trois autres sites en France, à Buléon (Bretagne) et à Bressières (Occitanie), puis en Allemagne ont reçu une certification RFNBO (Renewable Fuel of Non-Biological Origin). Ce label constitue le standard le plus exigeant de l'Union européenne en matière d'hydrogène vert dans le cadre de la Directive européenne sur les énergies renouvelables (RED III). Elle atteste que la production d'hydrogène de Lhyfe sur ses quatre sites est 100% renouvelable et conforme aux critères environnementaux et de traçabilité requis par la Taxonomie Verte européenne pour contribuer aux objectifs d’intégration d'énergie renouvelable et de réduction des émissions de gaz à effet de serre de l’Union européenne.